Pollution de l’air: l’InVS enfonce le clou

Le 16 novembre 2006 par Claire Avignon
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En publiant une nouvelle étude qui établit une corrélation forte entre la pollution atmosphérique et le risque d’hospitalisation, des chercheurs français montrent encore une fois que les normes actuelles ne sont pas à la hauteur des enjeux sanitaires. Et ce, au moment où les institutions communautaires proposent une révision très modeste des valeurs réglementaires.

L'étude, menée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans 8 agglomérations (1), ne fait que confirmer les conclusions que tous les épidémiologistes s'époumonent à rappeler: même lorsque les villes se rapprochent des objectifs réglementaires de qualité de l'air, leur niveau ambiant de pollution reste significativement lié au risque d'hospitalisation pour causes cardiovasculaires, particulièrement chez les plus de 65 ans. «L'intérêt de cette étude est qu'elle s'inscrit dans un contexte français, et que ses résultats apparaissent robustes et valides», estime Agnès Lefranc, principal auteur de l'étude pour l'InVS.

Comme à son habitude, l'InVS a envoyé ses résultats aux ministères concernés (environnement et santé). Pourtant, ce n'est pas tant à cette échelle qu'à celle de l'Union européenne que les choses se jouent. Selon un projet de directive, qui a déjà été étudié par le Conseil et le Parlement en première lecture, les normes actuelles ne devraient pas être modifiées (et pourraient même être assouplies dans certains cas), à l'exception des particules fines (PM-2,5) pour lesquelles la valeur proposée est largement au-dessus des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (2).

«Nos travaux montrent, et ce n'est pas un scoop, qu'il n'y a pas d'effet de seuil des polluants de l'air, explique Agnès Lefranc. Le seuil légal a été créé pour limiter les dégâts, mais il faudrait les abaisser le plus possible pour limiter l'impact sanitaire de la pollution.» Et ce, qu'il s'agisse des substances particulaires (PM-10 et PM-2,5) ou gazeuses comme le dioxyde d'azote (NO2).

Le ministère français chargé de l'environnement en est bien conscient. «Il se peut que dans certains Etats membres, les normes peu ambitieuses qui se décident actuellement au Conseil et au Parlement entraînent un relâchement, analyse Sandrine Rocard, chef du bureau de la pollution atmosphérique du ministère. Mais cela n'empêchera pas la France d'avancer, en continuant à exiger des industriels et des acteurs du transport les meilleures solutions techniques. Et il y a encore des marges de progression pour diminuer le niveau de pollution.»



(1) Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen et Toulouse

(2) Voir l'article du JDLE intitulé «Pollution de l'air: les chercheurs se mobilisent»





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