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Pollution de l’air: l’énergie tue plus que prévu

Le 27 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de 6,5 millions de personnes meurent chaque année d'avoir respiré un air pollué.
Plus de 6,5 millions de personnes meurent chaque année d'avoir respiré un air pollué.
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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) dénonce les effets délétères d’un système énergétique obsolète sur la santé des populations des pays émergents et en développement.

L’AIE ne sait plus quel argument mettre en avant pour convaincre les gouvernements de réformer rapidement le système énergétique mondial. Des années durant, c’était pour faire des économies. En réduisant les subventions à la production et à la consommation d’énergies fossiles, en réservant les aides publiques aux énergies renouvelables, l’agence de l’OCDE pensait trouver une oreille attentive auprès des ministères des finances des pays de l’OCDE. Peine perdue.

Sources d’énergies décarbonées

Puis est venue l’ère du réchauffement climatique. Pour stabiliser le réchauffement à 2°C, il fallait massivement développer les sources d’énergies décarbonées (renouvelables, nucléaire), dans l’efficacité énergétique, les voitures électriques et le captage-stockage géologique du carbone. Une fois encore, l’institution parisienne a prêché dans le désert: d’année en année, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de progresser.

De 4,3 à 6,5 millions de morts

Pourquoi, dès lors, ne pas mettre le poids de la santé dans la balance? C’est précisément ce que vient de faire Fatih Birol. Le directeur exécutif de l’AIE a présenté, ce lundi 27 juin, le premier rapport de l’agence faisant le lien entre l’énergie et les pollutions atmosphériques. Ce n’est pas tout à fait une première. En mai dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelait que les pollutions de l’air, produites le plus souvent par la combustion d’énergie fossile ou de biomasse, étaient responsables de 4,3 millions de décès par an dans le monde. Un chiffre largement majoré par l’AIE. Dans son rapport spécial, l’institution de l’OCDE évalue à 6,5 millions le bilan annuel des victimes des pollutions atmosphériques, extérieures et intérieures. Sans évolution rapide de son bouquet énergétique, l’humanité pourrait alourdir d’une quinzaine de pourcents ce tribut tragique vers 2040.

Emissions en plein cœur des villes

C’est la production de l’énergie (par le charbon et la biomasse notamment) et son utilisation dans de mauvaises conditions (cuisson au charbon de bois dans des locaux non ventilés, par exemple) qui sont montrées du doigt. Ces ‘mauvaises’ pratiques sont à l’origine, affirme l’AIE, de 85% des particules fines et de la quasi-totalité des oxydes de soufre et d’azote.

Tout n’est pas qu’une affaire de combustibles. La pauvreté conduit 2,7 milliards de personnes à consommer du bois, du charbon et du kérosène pour cuisiner, se chauffer, voire s’éclairer. «Cela crée des ambiances très enfumées, à l’origine de 3,5 millions de morts prématurées par an», souligne l’AIE. Majoritairement en Asie et dans les pays d’Afrique sub-saharienne. Un développement urbain anarchique met souvent les centrales thermiques au cœur des villes. Et laisse la voiture, les deux-roues motorisés et les bus répondre aux besoins de mobilité. Conséquence: de fortes émissions en plein cœur des villes: «Sous l’effet de la croissance démographique, de la demande en énergie, des activités de construction et du trafic, les villes peuvent rapidement devenir des points chauds de la pollution de l’air», résume l’AIE.

normes d’émission des véhicules

Des remèdes à ces pollutions qui frappent massivement les mégapoles des pays émergents et en développement? Rien de révolutionnaire. Le rapport milite pour la généralisation de renforcement des normes d’émission des véhicules (à condition qu’elles soient respectées par les constructeurs, bien sûr), la désulfurisation des carburants et des combustibles. L’assainissement passera aussi par l’abandon progressif du charbon pour la production d’électricité et le remplacement du charbon de bois dans les cuisines par le GPL ou, mieux, l’électricité.

Aussi diverses soient-elles, ces politiques sont à la portée de ces pays, même des plus modestes. Un accroissement de 7% des investissements énergétiques d’ici 2040 permettrait de réduire de moitié le nombre de victimes des airs viciés, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Et accessoirement d’améliorer la qualité de l’air tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.



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