Pollution de l’air intérieur: première cause de mortalité mondiale

Le 04 septembre 2014 par Romain Loury
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Femmes et enfants, les plus touchés
Femmes et enfants, les plus touchés
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Trois milliards de personnes, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, sont exposés à la pollution de l’air intérieur, du fait de combustibles solides. Avec 4,3 millions de morts par an, il s’agit de la première cause de mortalité dans le monde, jugent des chercheurs dans la revue Lancet Respiratory Medicine. Inégalité criante: le plus grand nombre de victimes se recrute chez les femmes et les enfants.

En 2012, la pollution de l’air a tué 7 millions de personnes dans le monde, estimait récemment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (voir le JDLE). Plus que la pollution atmosphérique et ses 3,7 millions de morts, celle de l’air intérieur fait 4,3 millions de victimes, avant tout en Afrique subsaharienne et en Asie –l’Inde, le Bangladesh, le Népal et la Birmanie sont les plus touchés.

Brûlés dans des foyers ouverts ou des poêle, les combustibles utilisés diffèrent d’une région à l’autre: charbon en Chine, bois et charbon de bois en Afrique et en Inde, résidus agricoles ou déjections animales dans les zones peu pourvues en bois, dont le Népal, Afghanistan, le Kenya et l’Ethiopie. S’il est difficile de savoir quel est le plus toxique, tous sont liés à de nombreuses maladies respiratoires.

Dans un grand article publié par le Lancet Respiratory Medicine, Stephen Gordon, de la Liverpool School of Tropical Medicine (Royaume-Uni), et ses collègues dressent la liste de ces pathologies, qui touchent avant tout femmes et enfants, ceux qui passent le plus de temps au foyer.

Chez les enfants, cette pollution serait un facteur majeur de mortalité: selon une étude menée en Inde, les nouveau-nés de foyers chauffés au charbon présenteraient un taux de mortalité multiplié par près de 19 par rapport à ceux nés dans des foyers sans combustibles solides. Les infections respiratoires, surtout les pneumonies, sont particulièrement fréquentes chez eux, du fait de l’immaturité de leur système immunitaire.

Asthme, BPCO et cancer du poumon

Autres patrhologies liées à la pollution de l’air intérieur, l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), qui parmi les maladies les plus mortelles est passée du rang de la 5ème à la 3ème mondiale entre 2005 et 2012 -3,1 millions de morts cette année-là. Quant au cancer du poumon et son million et demi de morts en 2012, sa fréquence serait de 82% plus élevée dans les foyers consommant du charbon, voire jusqu’à 250% pour certains sous-types de ce cancer. La pollution de l’air intérieur accroît aussi le risque des cancers des voies aériennes supérieures, dont ceux de la gorge.

Malgré la gravité de la situation, il est frappant de remarquer à quel point le sujet retient peu l’attention publique. Selon les auteurs de l’article, ce problème sanitaire mondial «nécessite des stratégies de prévention associant aussi bien les foyers concernés, les associations, les entreprises, les professionnels de santé, les gouvernements et les grandes agences internationales».

L’approche n’est pas sans rappeler celle utilisée dans la lutte contre les grandes maladies infectieuses, qui a vu les différents acteurs se regrouper dans de grandes structures plus efficaces. Cas d’école, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dont on estime qu’il a sauvé 8,7 millions de vies  depuis sa création en 2002. Voilà un exemple dont la santé environnementale pourrait s’inspirer.



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