Pollution de l’air des logements: la situation s’éclaire

Le 22 novembre 2006 par Claire Avignon
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Hier, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a présenté les premiers résultats d’une grande enquête sur le degré de pollution des logements français. Mais les scientifiques doivent encore mener un long travail d'analyse de ces données avant que les pouvoirs publics ne puissent s’emparer du sujet.

Prévu dès 1999, et mis en place en 2001 (1), l'OQAI a enfin rendu public des résultats. Il s'agit d'une campagne nationale qui a porté sur 567 résidences principales (1.612 personnes interrogées) entre 2003 et 2005 et qui permet de dresser, statistiquement, un état de la qualité de l'air intérieur de l'ensemble des 24 millions de logements français. Des données loin d'être négligeables selon Andrée Buchmann, présidente de l'OQAI, qui rappelle que nous passons plus de 80% de notre temps à l'intérieur de locaux, principalement notre chambre dans laquelle nous passons 6 à 7 heures par jour.

30 polluants ont été recherchés, dont les composés organiques volatils (Cov), le monoxyde de carbone (CO) et le formaldéhyde. Un questionnaire sur 600 points (caractéristiques socio-économiques, présence d'un ou plusieurs fumeurs, aération, temps passé dans chaque pièce, utilisation de produits nettoyants ou cosmétiques, etc.) a également été adressé aux occupants des logements.

Si les polluants recherchés ont tous été retrouvés dans la grande majorité des logements, 45% des logements présentent des niveaux de concentration très faibles pour l'ensemble des polluants mesurés. Seule une minorité des logements (9%) présente des concentrations élevées pour plusieurs polluants simultanément.

Dernier résultat important: selon le polluant, 5 à 30% des foyers présentent des valeurs nettement plus élevées que les concentrations moyennes. «Cela pose une question aux ministères en charge du dossier (santé, urbanisme, environnement), estime Séverine Kirchner, coordonnatrice scientifique de l'OQAI. Voudra-t-on améliorer la qualité de l'air intérieur sur le plus grand nombre de logements, ou bien sur les 5 à 30% des habitations les plus polluées?»

Verdict dans quelques mois, voire quelques années. Car les dispositions réglementaires ne devraient pas voir le jour tout de suite, qu'il s'agisse de valeurs d'exposition limites pour les substances polluantes, de nouvelles normes pour la ventilation ou l'étiquetage des caractéristiques sanitaires et environnementales des produits de construction. En effet, beaucoup de questions demeurent, notamment sur les valeurs limites à instaurer.

On ne connaît pas à l'heure actuelle l'impact sanitaire de chaque polluant en fonction de l'exposition. «Cette question est scientifiquement très complexe, ce qui justifie que l'on prenne du temps», estime Odile Gauthier, de la Direction de la prévention des pollutions et des risques du ministère chargé de l'environnement. Pour le formaldéhyde par exemple, Séverine Kirchner note que si l'on adopte la valeur canadienne (50 microgrammes par mètre cube-µg/m3), 4% des logements français se situent au-dessus, alors qu'avec la valeur actuellement proposée au sein de l'Union européenne (30 µg/m3), le taux d'habitations concernées atteint 22%.

Prochaine étape pour l'OQAI: exploiter toutes les données collectées pour connaître les situations à risque et proposer des solutions pour les éviter. Ainsi, les premiers résultats ont clairement montré que les garages présentent une concentration de Cov supérieure à la moyenne de celle des maisons. «Mais nous ne savons pas encore si cela signifie qu'en stockant tous ses produits dans son garage, on obtient une teneur dans la partie habitable plus faible ou si, au contraire, le garage contamine les autres pièces», explique Séverine Kirchner. La réponse pourrait engager les ministères concernés à établir des recommandations sur le positionnement des garages, par exemple.

D'une manière générale, les résultats vont très probablement entraîner des recommandations sur le comportement des ménages. Car Yves Coquin, de la Direction générale de la santé (DGS) prévient: «La qualité de l'air intérieur dépend de trois facteurs, à savoir la situation géographique, la structure architecturale du bâti, mais surtout le comportement des habitants. Des changements dans ce domaine vont s'imposer.»



(1) Par la loi du 10 juillet 2001




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