Pollution de l’air: 20 maires européens contre le lobby automobile

Le 17 mars 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Pollution atmosphérique urbaine.
Pollution atmosphérique urbaine.

Les édiles de 20 grandes villes européennes en appellent à leurs dirigeants pour contrer un cadeau accordé au lobby automobile, au mépris de la réglementation environnementale et de la santé publique. De Budapest à Madrid, de La Valette à Stockholm, leur espoir est identique: ils espèrent voir leurs élus se déjuger sur un dossier économiquement sensible.

Santé publique ou santé de l’automobile? C’est en des termes sans équivoque que 20 maires européens[1] montent au front dans une tribune, pour demander à leurs dirigeants de faire revenir l’Union européenne sur les assouplissements accordés au lobby automobile en matière de normes d’émissions d’oxydes d’azote (NOx). «Nous, maires de grandes villes européennes, avons le devoir de protéger la santé de nos citoyens, de leur garantir un environnement sain et une qualité de vie digne», proclament les édiles de Madrid, Rotterdam, Bucarest ou Paris.

Ils rappellent que l’Organisation mondiale de la santé a estimé que les émissions polluantes issues des moteurs étaient responsables de 75.000 morts prématurées en Europe, chaque année. Or, dénoncent-ils, «en octobre dernier, un comité technique rassemblant des experts des Etats membres a décidé d’autoriser les constructeurs automobiles à dépasser les limites d’émission fixées par la législation européenne. Cette décision, si elle était mise en œuvre, permettrait aux nouveaux véhicules diesel de dépasser de 110% les seuils d’émission des oxydes d’azote (NOx)!»

 

En février dernier, le Parlement européen[2] a confirmé cette marge de tolérance de 110% par rapport au plafond de la norme Euro 6, soit 168 milligrammes au kilomètre contre 80 mg/km. A partir de janvier 2020, ce seuil devrait être abaissé à 50% par rapport au plafond de la norme Euro 6 , soit 120 mg/km. «Si cette décision est appliquée, la qualité de l’air dans nos villes ne sera pas conforme aux normes européennes. Comment protéger la santé de nos concitoyens si l’Union européenne valide un permis de polluer au détriment de la santé publique? Que dire aux parents dont les enfants souffrent de problèmes respiratoires aigus, aux personnes âgées et aux plus fragiles? Devons-nous leur dire que leur gouvernement a préféré la santé de l’industrie automobile à la leur?», interrogent les élus locaux.

 

Ils qualifient cette décision, entérinée par les gouvernements, d’«injuste et erronée». Alors que les villes déploient de nombreuses initiatives pour réduire la pollution atmosphérique et coller à la règlementation, «il n’est pas concevable d’imposer aux autorités publiques de respecter des normes de pollution de l’air tout en donnant le feu vert à l’industrie automobile pour les violer». Et d’en appeler à leurs gouvernants, pour qu’ils usent «de tous les moyens juridiques et politiques en leur pouvoir afin de garantir que les normes de pollution de l’air en Europe soient appliquées dans toutes les industries. La santé de nos citoyens en dépend.» Une pétition a été mise en ligne pour appuyer leur demande.

 

 

 


[1] Anne Hidalgo, maire de Paris; Eberhard van der Laan, maire d'Amsterdam; Yorgos Kaminis, maire d’Athènes; Ada Colau, maire de Barcelone; Ioan-Razvan Sava, maire de Bucarest; István Tarlós, maire de Budapest; Yvan Mayeur, maire de Bruxelles; Frank Jensen, maire de Copenhague; Alexiei Dingli, maire de La Valette; Fernando Medina, maire de Lisbonne; Manuela Carmena, maire de Madrid; Giuliano Pisapia, maire de Milan; Constantinos Yiorkadjis, maire de Nicosie; Raymond Johansen, maire d’Oslo ; Nils Ušakovs, maire de Riga; Ahmed Aboutaleb, maire de Rotterdam; Yordanka Fandakova, maire de Sofia; Karin Wanngård, maire de Stockholm; Hanna Gronkiewicz-Waltz, maire de Varsovie; Michael Häupl, maire de Vienne.

[2] Lancée par la commission Environnement du Parlement, une proposition de veto de ces nouvelles mesures a été rejetée à une courte majorité (323 voix contre, 317 pour, 61 abstentions), mercredi 3 février lors de la session plénière.

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus