Pollution chimique: les fonds marins aussi malades

Le 26 mars 2015 par Romain Loury
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Le sabre noir (Aphanopus carbo)
Le sabre noir (Aphanopus carbo)
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Il n’y pas que dans les rivières et sur le littoral marin que la pollution chimique affecte les poissons. Ses effets se font aussi ressentir dans les eaux marines profondes, révèle une étude menée dans le golfe de Gascogne. Plus inquiétant, ses auteurs décrivent même le cas d’un poisson intersexué, une première à de telles profondeurs.

Menée au large de la Loire-Atlantique, l’étude a porté sur des poissons nageant dans des eaux comprises entre 700 et 1.400 mètres de profondeur. Un milieu éloigné des terres, que l’on penserait préservé de la pollution qui frappe les rivières et les eaux littorales.

Et bien non: «les profondeurs marines constituent un puits pour les métaux lourds et les contaminants organiques, dont les PCB et les résidus de pesticides», rappellent Stephen Feist, du centre Cefas de Weymouth (Royaume-Uni), et ses collègues [1], auteurs d’une étude publiée dans la revue Marine Environmental Research.

Les poissons vivant dans les fonds marins présentent une plus lente maturation que ceux évoluant en surface, et vivent plus longtemps –parfois jusqu’à 100 ans. Dès lors, ils ont plus de risques d’accumuler ces polluants, et d’en sentir les effets. Parmi les espèces que les chercheurs ont analysées, 100% des 32 sabres noirs et 82% des 50 hoplosthètes oranges présentaient des lésions au niveau du foie, organe où s’accumulent les composés toxiques, dont environ 10% de tumeurs.

Premier ovotestis des grands fonds

Premier cas recensé chez une espèce de profondeur, ils décrivent même le cas d’un sabre noir intersexué présentant un ovotestis, gonade présentant aussi bien les caractéristiques d’un testicule que celles d’un ovaire. S’il est impossible de savoir si ce cas résulte d’un perturbateur endocrinien, plusieurs observations menées dans des estuaires ont montré une corrélation entre la présence de poissons intersexués et la présence de tels composés dans l’eau.

Pour l’un des co-auteurs de l’étude, Michael Kent, de l’université d’Etat de l’Oregon, «les altérations que nous avons observées sont du même type que celles liées à une exposition à des toxines et à des substances cancérigènes (…). Que ce soit dans les lacs de haute montagne des Etats-Unis ou dans les eaux au large de la France et de l’Espagne, la pollution d’origine humaine a atteint un tel niveau qu’elle a un effet pathologique sur les poissons».

[1] Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science



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