Pollution aux PCB: des mesures complémentaires demandées à Aprochim

Le 11 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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Les premiers taux anormaux de PCB remontent à janvier 2011
Les premiers taux anormaux de PCB remontent à janvier 2011

La préfecture de la Mayenne a annoncé le 10 octobre avoir demandé à Aprochim de prendre des mesures complémentaires autour de l’usine de Grez-en-Bouère, impliquée dans une affaire de pollution aux polychlorobiphényles (PCB).

Dans un communiqué, la préfecture note en effet que les récentes mesures effectuées en sortie de cheminée s’avèrent contradictoires. Si les résultats de la première semaine de juillet étaient conformes, ils affichaient, la semaine d’après, un dépassement significatif des valeurs-limites de PCB-Dioxin-Like (DL)(1). Mi-septembre, ils montraient des taux à nouveau acceptables dans cette usine de traitement des transformateurs.

Des dépassements ont aussi été observés dans les herbages. Trois des neufs parcelles-témoins, situées dans un rayon de 400 mètres autour de l’usine, ont révélé des taux de PCB-DL supérieurs à la valeur-limite (1,25 picogramme par gramme). Plus loin, les taux affichaient des valeurs supérieures à la normale, sans dépasser le seuil.

C’est pourquoi la préfète Corinne Orzechowski a prescrit de nouvelles mesures de surveillance. La filiale du groupe Chimirec doit mettre en place, dans les trois mois, une mesure en semi-continu des rejets. D’ici là, des prélèvements seront effectués chaque semaine en sortie de cheminée, sur une durée de 4 jours. En outre, les herbages des parcelles-témoins seront analysés chaque mois et la surveillance des productions animales sera accrue. Pour rappel, des taux anormalement élevés de PCB avait été détectés en janvier 2011 dans la production de viande, de lait et d’œufs des fermes voisines. Enfin, un médiateur a été désigné le 10 octobre par le ministre de l’agriculture «pour examiner la situation des agriculteurs touchés par la pollution».

«Il nous faut garder une grande vigilance sur ce qui se passe dans l'usine et sur ce qui en sort. C'est une activité qui est polluante et qu'il faut mesurer sans arrêt», a déclaré à l'AFP Corinne Orzechowski, précisant avoir commandé un rapport à l'Ineris, sur l'efficacité du process industriel de l'usine et son impact sur l'environnement.

Le collectif Terre et vie d’Anjou, qui regroupe des agriculteurs et des riverains, dénonce pour sa part la faillite du dispositif. «18 mois après le début de cette affaire, on constate une pollution toujours présente. Cela pose clairement la question de l’efficacité de la surveillance du site par les pouvoirs publics», estime-t-il. «Quand l’usine produit au-dessus de 50% de ses capacités, il y a un problème. La baisse des rejets n’est qu’une conséquence de la baisse de la production», analyse Joseph Gaudin, du collectif.

(1) Les PCB-DL sont capables de se lier au même récepteur cellulaire que les dioxines, contrairement aux PCB-NDL, dont le mécanisme d’action est différent, précise l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

http://www.mayenne.gouv.fr/uppdf/communique/320.pdf



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