Pollution aux PCB: abattage de trois nouveaux troupeaux

Le 21 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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Trois nouveaux troupeaux de bovins, contaminés par une pollution aux polychlorobiphényles (PCB), sont sur le point d’être abattus à Grez-en-Bouère (Mayenne). Les fermes sont situées dans la périphérie de l’usine Aprochim, spécialisée dans le traitement de déchets industriels toxiques.

Les 142 bovins ont été retirés, le 20 novembre, de trois fermes, a annoncé la sous-préfecture de Château-Gontier. Ces exploitations font partie de la douzaine de sites mis sous séquestre dans un rayon de 3 kilomètres autour de l’usine Aprochim. Cette mesure porte à 6 le nombre total de troupeaux abattus dans cette région.

 
La pollution aux PCB, avec des concentrations atteignant jusqu’à 20 fois les seuils autorisés, avait déjà conduit, en mars dernier, à la mise sous séquestre de 8 fermes (JDLE). La société Aprochim avait été obligée de réduire de moitié son activité et d’améliorer les dispositifs de confinement et d’aspiration. Un agriculteur avait également demandé l’abattage d’un troupeau contaminé au mois d’octobre. Abattage qui a coûté 35.000 euros à la société Aprochim ainsi que 50.000 € pour frais d’entretien du troupeau (JDLE).
 
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les PCB sont des composés aromatiques chlorés, également connus en France sous le nom de pyralènes. Ils comptent 209 molécules.
 
Cet abattage a donné lieu à une manifestation, le 20 novembre. Jean-Marc Guesdon, le président du collectif de défense Terre et vie d’Anjou a une nouvelle fois réclamé l’arrêt immédiat de la pollution, provoquée selon lui par Aprochim, et exhorté l’Etat à prendre ses responsabilités.
 
«Nous sommes sur une jolie commune, avec beaucoup d’élevage. Tout le troupeau va partir et c’est très dur à supporter. Notre famille est là depuis 200 ans. La famille s’efface mais les PCB restent», a déclaré à l’AFP Annick Jouin, avant le départ de son troupeau.
 
La société Aprochim, du groupe Chimirec, conteste toujours sa responsabilité dans cette pollution. Dans un communiqué du 21 novembre, elle affirme que «des expertises sont en cours pour identifier les sources de parution des PCB, qui sont multiples: bruit de fond historique, activités industrielles et agricoles produisant des émissions dans l’air». Elle ajoute «qu’une synthèse de nouveaux résultats d’analyses sera présentée par la sous-préfecture et Aprochim lors de la commission locale d’information du 14 décembre prochain».
 
Le groupe Chimirec fait toutefois l’objet d’une action en justice déposée par d’anciens salariés pour élimination irrégulière des déchets par la dilution d’huiles polluées aux PCB dans trois usines (Domjevin en Meurthe-et-Moselle, Dugny en Seine-Saint-Denis et Grez-en-Bouère). Selon l'accusation, les prévenus auraient exploité des installations classées sans disposer de l'autorisation requise, fourni des informations inexactes à l'administration, voire falsifié certains documents destinés à leurs clients ou aux agences environnementales. Le procès se tiendra en mai 2012 au tribunal correctionnel de Paris (JDLE).


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