Pollution au soufre régulière en Seine-Maritime

Le 23 décembre 2004 par Christine Sévillano
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Hier, la procédure d'information aux personnes sensibles sur la pollution au dioxyde de soufre a été lancée dans une commune normande entre Rouen et Le Havre. C'est la troisième fois en trois mois. Pourtant, dans ce département sensible en raison d'une forte présence d'industries consommatrices de combustibles fossiles, des efforts sont perceptibles depuis les 30 dernières années.

Une nouvelle fois, le premier seuil d'alerte de la pollution de l'air au dioxyde de soufre (SO2) a été franchi près du complexe pétrochimique de Port-Jérôme en Seine-Maritime. Air normand, le réseau régional de surveillance de la qualité de l'air, agréé par le ministère de l'Ecologie et du développement durable (MEDD), a en effet relevé hier matin une concentration de 424 microgrammes par mètre cube d'air par heure (µg/m3/h) de dioxyde de soufre. Le seuil d'alerte des personnes sensibles, fixé à 300 µg/m3/h, a donc été dépassé. Ce département de la Haute-Normandie se trouve dans une situation identique à celle de Fos-sur-Mer, où sont concentrés de nombreuses raffineries, des centrales de production thermique, des chaufferies industrielles, des sites pétrochimiques et des ateliers de fabrication d'acide sulfurique, grands consommateurs de combustibles de fiouls et de charbon, à l'origine des émissions de SO2.

Les rejets de dioxyde de soufre de ces industries ont un impact plus important en raison de vents violents qui agissent sur les panaches de pollution émis par les cheminées des industries. Ceux-ci retombent sur les habitations aux alentours. «Il faut souligner que dans la région concernée, située aux abords de la commune de Notre-Dame-de-Gravenchon, les habitations sont collées à la zone industrielle. Le taux est déjà bien plus bas si on dépasse les cinq à dix kilomètres», explique Céline Léger, responsable de communication et chargée d'études sur les odeurs d'Air normand. Autre phénomène qui cause des hautes concentrations de SO2: les inversions thermiques. Le sol s'est beaucoup refroidi pendant la nuit, mais la température est supérieure à quelques centaines de mètres d'altitude. Le soufre et les autres polluants se trouvent donc bloqués par l'air chaud qui joue le rôle de couvercle thermique.

Ces phénomènes se produisent surtout en hiver, mais la commune de Notre-Dame-de-Gravenchon est particulièrement touchée cette année sans qu'il n'y ait d'autres explications que climatiques. Depuis le début de l'année, il s'agissait de la cinquième alerte, la troisième depuis octobre! Alors qu'en 2003, une seule a été recensée et aucune en 2002. «Les conditions climatiques sont plus mauvaise cette année. Mais la diminution sensible des années précédentes est due à une meilleure anticipation des industriels. Ils utilisent pour cela les informations émises par nos capteurs. C'est aussi important pour eux en terme d'image», poursuit Céline Léger.

Le premier seuil d'alerte n'est pas synonyme d'obligation pour les industriels de prendre des mesures de réduction des émissions de soufre. «Toutefois, la Haute-Normandie possédant d'importantes sources de dioxyde de soufre, ce seuil est plus régulièrement atteint que dans d'autres régions. Les industriels ont donc pris le pli de diminuer volontairement leurs rejets de dioxyde de soufre», affirme Céline Léger. La réglementation est plus contraignante pour les industries à partir d'un seuil supérieur à 600 µg/m3/h. Elles doivent réduire leurs émissions de dioxyde de soufre, soit en utilisant un combustible moins soufré comme du fioul en basse teneur de soufre, soit en retardant le démarrage d'une unité de production.

Chez Air normand, on constate qu'outre les mesures d'urgence, les émissions de dioxyde de soufre ont diminué de 70% en 30 ans grâce aux réglementations, et en particulier à l'arrêté ministériel du 2 février 1998 sur les prélèvements, la consommation d'eau et les émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) soumise à autorisation. Pour le département de Seine-Maritime, l'industrie, responsable de 90% des émissions, a rejeté 223 tonnes de SO2 par jour en 2002, soit une très faible augmentation par rapport à 2001 mais une baisse importante au regard des émissions de 1999, année durant laquelle on comptabilisait plus de 300 tonnes quotidiennement. En 2002, 13 procédures d'information des personnes sensibles et 4 procédures d'alerte –seuil contraignant pour les industries- ont été lancées, soit une amélioration sur l'année précédente pour laquelle ont été déclenchées respectivement 31 et 7 procédures. Le soufre est irritant surtout pour les muqueuses, la peau et les voies respiratoires. Chez les personnes sensibles, il peut provoquer des gênes respiratoires voire des crises d'asthme.




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