Pollution au perchlorate d’ammonium: la CUB porte plainte contre X

Le 12 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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En juillet dernier, l’affaire avait défrayé la chronique. Des taux importants de perchlorate d’ammonium avaient été découverts dans des captages d'eau potable proches d'une ancienne poudrerie, près de Bordeaux (voir JDLE). Par mesure de précaution, la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) avait donc décidé dans la foulée l'arrêt de certains pompages.

Selon un article publié aujourd’hui 12 septembre sur le site Les Echos, la CUB qui voit une partie de ses ressources en eau polluées au perchlorate d'ammonium a décidé d’entamer une action en justice. Elle vient en effet de déposer une plainte contre X. La responsabilité est pourtant établie, puisque les nappes souterraines concernées sont situées à Saint-Médard-en-Jalles, non loin des terrains occupés par la société SNPE Matériaux énergétiques (SME), autrefois entreprise publique et qui appartient désormais au groupe privé Safran. De grosses quantités de ce composé chimique entrent dans la composition du propergol, produit de propulsion des fusées et des missiles. Or SME est la seule entreprise de la zone à utiliser le produit incriminé.

En portant plainte, la collectivité souhaite protéger ses intérêts et pouvoir se retourner vers le pollueur en temps voulu. «Il ne faut pas que l'usager fasse les frais de cette pollution», estime Jean-Pierre Turon, le vice-président (PS) de la CUB chargé de l'eau et de l'assainissement. «Il y aura sans doute des discussions avec l'Etat afin que les intérêts de la CUB soient préservés», explique-t-il.

En effet, depuis la mise en évidence de cette pollution, la Lyonnaise des eaux a arrêté d'exploiter certains captages situés dans cette zone de l'ouest de l'agglomération qui se trouve désormais privée de 21.000 mètres cubes par jour, soit l'équivalent de 15 à 20% de sa consommation quotidienne. La Lyonnaise des eaux a effectué en urgence un forage supplémentaire en amont de la zone concernée qui devrait permettre de faire face à l'augmentation de la consommation, généralement observée au mois de septembre. Mais cela ne suffira pas. La CUB devra trouver de nouvelles ressources à un moment où elle poursuit justement ses efforts pour diminuer l'exploitation des nappes profondes longtemps surexploitées à Bordeaux. La solution consistera donc probablement à traiter l'eau. Avec, à la clef, un coût de plusieurs millions d'euros.

Avec l'arrêt de l'exploitation des nappes polluées, la CUB assure rester en dessous du seuil de 4 microgrammes de perchlorate d'ammonium par litre. Très soluble dans l’eau, le perchlorate d'ammonium découvert dans les captages de  Bordeaux n'est ni cancérigène, ni mutagène, avait indiqué (voir JDLE) le 20 juillet l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Par mesure de précaution, l’Agence recommandait toutefois de ne pas consommer d'eau du robinet si la teneur en perchlorate dépassait 15 microgrammes, et 4 microgrammes pour la préparation des biberons destinés aux nourrissons.

SME qui exploite plusieurs sites, notamment à Toulouse où une pollution de même nature a été relevée dans la Garonne, «prend acte» en attendant de voir la nature de la plainte et rappelle qu'elle a toujours «coopéré avec les différents services de l'Etat et la communauté urbaine de Bordeaux».



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