Polluants atmosphériques: dépassements chroniques

Le 04 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Dépassements du seuil d'information des PM10 (en rouge) le 27 février 2013
Dépassements du seuil d'information des PM10 (en rouge) le 27 février 2013

Les concentrations de polluants atmosphériques ont très légèrement baissé dans l’Hexagone en 2013 mais dépassent toujours les plafonds réglementaires, selon le bilan annuel de la qualité de l’air publié le 3 novembre par le Commissariat général au développement durable (CGDD).

Basé sur les données 2013 transmises par les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air (Aasqa)[1], ce document montre une réduction moyenne des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) et des particules fines PM10 et PM2,5 de 1 microgramme par mètre cube (µg/m3) à proximité du trafic routier et en fond urbain. Une avancée bien mince.

Surtout, elles restent si élevées que les seuils réglementaires ont été dépassés pour 6 polluants. A commencer par le NO2 (sur 9% des stations de mesure pour la valeur-limite annuelle), mais aussi les PM10 (sur 5% des stations de mesure pour le seuil journalier), l’ozone (27% des stations de mesure pour le seuil d’information), le benzène (2 stations de mesure sur 106 suivies), le cadmium (1 station sur 61), et le benzo(a)pyrène, un hydrocarbure aromatique polycyclique (1 station sur 59).

NO2: dépassements réguliers près des axes routiers

Pour le NO2, l’épisode de pollution le plus fort s’est produit les 10, 11 et 12 décembre. Rappelons que les oxydes d'azote sont principalement émis par les transports (58% en 2012) et l’industrie (21%). Leurs niveaux dépendent aussi des conditions météorologiques et de l’activité chimique dans l’atmosphère. En 2013, la concentration moyenne s’est ainsi élevée à 42 µg/m3 près des voies routières (contre 43 µg/m3 en 2012), dépassant la valeur-limite annuelle fixée à 40 µg/m3, à cause de la progression des véhicules diesel et de la part de véhicules équipés de catalyseurs d’oxydation. En site urbain, les émissions affichent 20 µg/m3. Un résultat proche des 21 µg/m3 observés l’année précédente.

PM10: dépassements dans 14% des stations

Classées cancérigènes pour l’homme en octobre 2013, les particules fines font l’objet d’une préoccupation croissante. Les PM10, émises par le transport mais aussi les activités agricoles, l’industrie manufacturière et le secteur résidentiel et tertiaire, ont régressé de 35% entre 2000 et 2012. L’an dernier, leur concentration moyenne s’élevait encore à 27 et 22 µg/m3 près du trafic et en fond urbain pour une valeur-limite annuelle de 40 µg/m3. Le plafond journalier de 50 µg/m3 (à ne pas dépasser plus de 35 jours pas an) a en revanche été souvent dépassé (14% des stations), en général pendant l’hiver ou le printemps, par des conditions anticycloniques fortes favorisant l’apport de masses d’air continentales chargées en particules. Les trois épisodes majeurs de pollution se sont ainsi produits fin février, fin mars et du 9 au 13 décembre.

Quant aux PM 2,5, issues principalement de la combustion du bois, leur concentration a baissé de 42% sur la même période. Mais elle flirte avec la valeur-seuil de 25 µg/m3 en moyenne annuelle. Soit 19 µg/m3 près du trafic et 15 µg/m3 pour les stations de fond urbain. 4 sites sur 104 ont connu un dépassement l’an dernier.

Ozone: 10 jours de dépassement

Pour l’ozone, les journées noires se sont produites en juillet. En moyenne, sa concentration annuelle a affiché 60 µg/m3 en zone rurale et 50 µg/m3 en zone urbaine. C’est loin du seuil d’information de 180 µg/m3 en moyenne horaire, mais celui-ci a pourtant été dépassé pendant 32 jours en 2013, surtout en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), Rhône-Alpes, Alsace et Lorraine.

Le bilan 2014 risque de ne pas être meilleur. Le 2 avril dernier, la France était déjà en infraction avec la directive sur la qualité de l’air, le 40e dépassement du seuil d’information pour les PM10 ayant été enregistré sur la station de l’autoroute A1 à Saint-Denis, selon Airparif.



[1] Avec la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) du ministère de l’écologie, et l’appui de l’Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), d’Atmo France et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses)

 



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