Pollinisateurs: leur travail, c’est notre santé

Le 16 juillet 2015 par Romain Loury
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Sans abeilles, oubliez le 5e fruit
Sans abeilles, oubliez le 5e fruit
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Sans insectes pollinisateurs, la production mondiale de fruits et légumes pourrait chuter au moins d’un cinquième, révèle une grande étude publiée dans le Lancet. Ce qui ferait grimper le taux de plusieurs maladies liées à l’alimentation et à la nutrition, en particulier dans les pays du Sud.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production agricole doit augmenter de 70% d’ici 2050 pour satisfaire une demande en hausse, objectif déjà compromis par le réchauffement climatique.

Un autre bouleversement en cours devrait la rendre encore plus ardue: la raréfaction des pollinisateurs, qui s’accélère depuis ces dernières années, du fait de la destruction de leur habitat, de certains pesticides et de maladies, mais aussi du réchauffement.

224 types d’aliments étudiés

Première étude de cette ampleur à lier pollinisation et santé humaine, le travail mené par Matthew Smith, de l’université de Harvard (Boston, Massachusetts), et ses collègues montre les dégâts que pourrait occasionner l’absence de ces insectes, d’un point de vue alimentaire et nutritionnel.

Les chercheurs ont étudié la consommation de 224 types d’aliments dans 156 pays, et analysé comment elle serait affectée par l’absence de pollinisation. Pour cela, ils se sont appuyés sur de précédentes études, qui ont fixé, végétal par végétal (fruits, légumes, graines, fruits à coque), la part des pollinisateurs, comprise de 0% à 100%, dans la production.

1,42 million de morts en plus

D’après leur modélisation, l’absence de pollinisation ferait chuter l’offre en fruits de 22,9%, celle en légumes de 16,1%, celle de graines et de fruits à coque de 22,1%.

Ce qui augmenterait la mortalité mondiale de 2,7%, soit 1,42 million de personnes qui décèderaient en plus chaque année, du fait de maladies chroniques (particulièrement en Europe de l’Est et en Asie) et de malnutrition (surtout en Afrique subsaharienne, Asie du Sud et Amérique du Sud).

La grande majorité des produits étant encore produits dans le pays où ils sont consommés, 82% des effets sanitaires liés à la perte de pollinisation ont lieu dans le pays lui-même, ont calculé les chercheurs.

«Ce qui signifie que la plupart des pays tireront les plus grands bénéfices en s’occupant de leurs propres populations de pollinisateurs, protégeant aussi bien leur santé publique que leurs rendements agricoles», conclut Matthew Smith.



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