Politique européenne: surtout ne rien changer!

Le 27 mars 2006 par Enerpresse
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Réunis en Conseil européen, les Vingt-cinq ont enfin admis le principe d'une «politique étrangère de l'énergie», que les Etats-Unis et la Russie pratiquent déjà depuis longtemps.

Il reste à connaître comment celle-ci va se mettre en place, lorsqu'on voit les discussions à Bruxelles, dans ce domaine où les gouvernements tiennent farouchement à leur souveraineté et qui, selon les Traités en vigueur n’est pas de compétence communautaire. Les dirigeants européens ont également adopté de timides objectifs pour le développement des énergies renouvelables (15% de la consommation d'énergie de l'Union européenne -UE- en 2015) et continué leur effort pour les biocarburants (8% de part de marché en 2015, contre 1,5% aujourd'hui). L'efficacité énergétique bénéficie de l'appui inconditionnel de la présidence autrichienne de l'UE et gagne, elle aussi, un objectif d'économies d'énergie de 20% d'ici 2020. Le reste des propositions endossées par les chefs d'Etat et de gouvernements européens, en revanche, ne sont pas nouvelles: réalisation du marché intérieur de l'énergie, plan d'infrastructures prioritaires, ratification de la Charte de l'énergie par la Russie, promotion de la biomasse et plan d'action pour l'efficacité énergétique... En fait, on est revenu en arrière par rapport au Livre vert de 2000, qui prônait une «approche de la politique énergétique du point de vue de la demande», c'est-à-dire un changement du mode de consommation fondé sur une énergie bon marché -- un concept qui n'est plus valable aujourd'hui. Les dirigeants européens, férus de «compétitivité» et de «croissance», ont donc mis l'accent sur des mesures à court et moyen terme, qui cherchent principalement à s'assurer un accès aux sources énergétiques extérieures ou indigènes, sans remettre en question le paradigme économique de nos sociétés occidentales. C'était sans doute trop demander, lors d'un Sommet destiné à redonner confiance aux entreprises européennes via la réalisation des «objectifs de Lisbonne» de croissance économique qui ont pour horizon 2010. Bref, pas de vision à long terme pour la politique énergétique que l'Europe cherche depuis 40 ans, mais une vision à court terme pour répondre, dans l'urgence, aux nombreux défis actuels, sans remettre en cause les fondamentaux -- qui n'ont malheureusement plus cours.


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