Politique climatique: le duo gagnant

Le 25 février 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chasser les fossiles et moins consommer.
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Entre 2005 et 2015, une vingtaine de pays industrialisés ont entamé leur décarbonation. Une étude du Global Carbon Project évalue l’efficacité des principaux leviers actionnés.

 

Voilà un papier qui devrait faire remarquer la présidente du nouveau Haut comité pour le climat. Dans un article publié par Nature Climate Change ce lundi 25 février, Corinne Le Quéré, directrice du Tyndall Center fait un bilan sommaire de l’action climatique d’une vingtaine de pays les plus industrialisés.

Avec ses collègues du Global Carbon Project, la climatologue a étudié les effets des politiques climatiques mises en œuvre par 18 pays industrialisés (dont la France) entre 2005 et 2015. Vu de loin, le résultat est encourageant. Alors que les tonnages de gaz carbonique anthropique progressaient de 2,2% par an, en moyenne, au niveau mondial durant cette décennie, les rejets carbonés de ce groupe de pays étaient à la baisse. Les seuls Etats-Unis ont ainsi réussi à faire chuter de 12% leurs émissions de gaz carbonique durant cette décennie.

un soupçon de crise économique

Reste à savoir quels mécanismes ont permis d’atteindre cette petite décarbonation. Deux éléments ont joué un rôle majeur. D’une part, la diminution de la part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique final (47% du total). Avec 36% du résultat final, la baisse de la consommation d’énergie représente le deuxième levier le plus important de la décarbonation observée.

«Cette baisse est, bien sûr, imputable aux efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique de l’industrie ou la performance énergétique des bâtiments, observe Corinne Le Quéré, mais aussi aux conséquences économiques de la crise financière de 2008.» Moins encourageant, en revanche, la plupart de ces pays n’ont pas encore engagé leur transition énergétique. «Il n’y a qu’aux Etats-Unis où l’on observe un important passage du charbon au gaz et aux énergies renouvelables», confirme la professeure de sciences et de politiques climatiques à l’université d’East Anglia.

Pour intéressants qu’ils soient, ces résultats globaux méritent d’être affinés. Notamment pour évaluer, pays par pays, les atouts et les faiblesses de chaque politique mise en œuvre.



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