Politique alimentaire: les villes entrent dans l’arène

Le 10 octobre 2019 par Romain Loury
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L'agriculture urbaine, l'une des voies envisagées
L'agriculture urbaine, l'une des voies envisagées

Les métropoles du monde s’unissent pour rendre leurs politiques alimentaires plus durables. Près de 200 d’entre elles sont signataires du pacte de politique alimentaire urbaine de Milan, dont le 5ème sommet s’est tenu de lundi 7 à mercredi 9 octobre à Montpellier.

C’est une évolution notable dans le domaine des politiques alimentaires: les grandes villes commencent à s’en soucier, s’emparant d’un sujet longtemps restreint à la ruralité. Or face aux nombreux défis posés par les prochaines décennies (réchauffement, insécurité alimentaire, gaspillage, etc.), dont les villes sont aussi coupables qu’elles en seront victimes, les choses commencent à bouger.

Signe de ce changement, le pacte de Milan, signé le 15 octobre 2015 en marge de l’exposition universelle qui s’est tenue dans la capitale de la Lombardie. Regroupant d’abord 47 cités, ce texte promeut une protection des terres à fort potentiel agricole, la valorisation des circuits courts et la lutte contre le gaspillage alimentaire.

205 villes signataires

Depuis cette première étape, les signataires se sont retrouvés chaque année à l’occasion d’un sommet. Le cinquième d’entre eux, qui s’est achevé mercredi 9 octobre à Montpellier, marque un tournant: les villes, désormais au nombre de 205, s’y sont entendues pour adosser le pacte aux 17 objectifs du développement durable, édictés en 2015, lui assurant ainsi une assise onusienne.

Les 10 Frenchies. Parmi les 205 signataires du Pacte de Milan, figurent 10 villes françaises: Bordeaux, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier, Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), Nantes, Paris, Rennes, Toulouse.

C’est d’ailleurs le sens de la déclaration de Montpellier, présentée mercredi par le maire Philippe Saurel –dont plusieurs observateurs, un brin moqueurs, notent la sensibilité écologiste à l’approche des municipales. Au-delà de la référence à plusieurs textes onusiens (accord de Paris de décembre 2015, déclaration de Rio de mai 2019, etc.), la déclaration compte plusieurs amendements, ajoutés à la demande de grandes villes.

Parmi ces ajouts, figurent «assurer l’hygiène alimentaire face aux dérives de la grande distribution)» (après suggestion de Brazzaville), «assurer la santé alimentaire» pour contrer la recrudescence de maladies chroniques (Barcelone), «affirmer l’intention commune de supprimer le plastique» des repas délivrés par les mairies (Nantes), ou encore défendre le caractère culturel de l’alimentation (Lima).

Un dialogue sur les pratiques

Au-delà de cette déclaration finale, ces trois jours ont permis des échanges entre représentants des villes, chacun faisant part de ses expériences afin de verdir sa politique alimentaire: agriculture urbaine comme moyen de lutte contre la pauvreté (Medellín), protection de terres périurbaines (Barcelone), parfois utilisées pour la formation de nouveaux agriculteurs (Saragosse), mise à disposition de marchés municipaux pour les agriculteurs locaux avec accent mis sur le bio (Turin), réduction de la viande de bœuf dans les repas municipaux (New York), etc.

«La seule façon de travailler, c’est tous ensemble: il faut donner une chance aux villes d’échanger et d’aller vers des objectifs communs. Les 10 prochaines années seront cruciales», estime Philippe Saurel. Si la Déclaration de Montpellier, pas plus que le pacte de Milan, ne fixe d’échéance, «le plus tôt sera le mieux», juge-t-il auprès du JDLE.



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