Polémique sur les boissons "light"

Le 29 août 2011 par Geneviève De Lacour
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Le projet gouvernemental de taxer les boissons sucrées suscite quelques critiques des spécialistes de la santé. (in JDLE: http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-mesurettes-fiscales-de-francois-fillon,24666)

Le gouvernement a choisi, le 24 août, de taxer les boissons «à sucre ajouté». Mais pas celles «à édulcorant ajouté». Sacré coup de pouce pour l'aspartame, alors qu'au niveau européen, l’édulcorant suscite quelques questions sur les potentiels effets adverses de cette molécule présente dans les produits light.

 
Justification du Premier minsitre pour aller chercher «120 millions d'euros» destinés à combler (en petite partie) le déficit de la Sécurité sociale? Les sodas seraient «à la source de dépenses de santé importantes», car ils favoriseraient l'épidémie d'obésité.
Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, s'est empressé de déclarer à la télévision qu'il s'était «battu pour qu'on puisse obtenir une différence entre les sodas qui sont particulièrement sucrés, et ceux qu'on appelle les sodas light».
 
Mercredi 24 août, François Fillon avait estimé que «c'est normal de taxer l'alcool, le tabac, et les boissons dans lesquelles on rajoute du sucre, qui sont à la source de dépenses de santé importantes». Il a précisé qu'une accise spécifique serait créée sur les boissons sucrées, «dont le taux sera aligné sur celui du vin». Les jus de fruit sans sucres ajoutés et les produits contenant des édulcorants ne sont pas concernés par cette mesure.
 
Le nutritionniste Laurent Chevallier, du Réseau environnement santé, a applaudi cette «très bonne mesure».
«La malbouffe est clairement identifiée comme un des facteurs augmentant l'obésité et favorisant l'apparition de problèmes métaboliques», commente le nutritionniste en ajoutant: «On n'est pas venu à bout des maladies infectieuses en soignant les patients, mais par des mesures en amont qui s'appellent l'hygiène».
 
Il a cependant estimé qu'il fallait aller au-delà de ces mesures, regrettant que la taxe envisagée ne soit pas plus dissuasive, «de l'ordre de 100 ou 200%», et que les sodas light et les jus de fruits industriels soient exclus du plan. Et celui-ci de rappeler à ce propos que les études fondant en Europe la dose journalière admissible d'aspartame n'ont pas été rendues publiques alors que cet édulcorant, de loin le plus utilisé, pourrait être à risque pour la santé à forte dose.
 
Le député socialiste Gérard Bapt, héraut de la lutte contre le bisphénol A (qu'on retrouve d'ailleurs dans les canettes) se montre inquiet des risques présentés par l'aspartame pour les femmes enceintes. «L’aspartame est un édulcorant sur lequel deux études viennent d’attirer l’attention, sur leurs effets indésirables pour la femme enceinte, et puis expérimentalement aussi sur son caractère cancérigène pour les rats et les souris», souligne le député de Haute Garonne, également président de la Mission d’information de l’Assemblée nationale sur le Mediator.
 
«Ça m'a fait bondir, assure de son côté l'eurodéputée Corinne Lepage. Faire participer les industriels à la lutte contre les conséquences négatives de leurs produits, c'est sain. Mais si on s'arrête aux sodas, ça ne fait pas une vraie politique de santé publique. Aller dire que c'est mieux de consommer de l'aspartame que du sucre, ce n'est pas sûr du tout que ce soit une bonne idée
 
Corinne Lepage attend toujours que l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) lui prouve qu'elle fait bien d'autoriser comme dose journalière admissible (DJA) d'aspartame l'équivalent de 30 canettes de Coca Light par personne et par jour.
 
 


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