Polémique autour d’un sous-traitant de Sollac

Le 11 juillet 2006 par Agnes Ginestet
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En Lozère, les riverains d’une entreprise spécialisée dans le traitement de surface dénoncent les émissions polluantes dont ils seraient victimes. L’installation classée fonctionne sans autorisation d’exploitation et doit encore faire ses preuves en matière de respect de l’environnement. La situation pourrait se débloquer prochainement.

«C’est l’enfer pour nous» s’exclame Monique Greze, voisine de l’entreprise Plasma. Brûlures à la langue, lèvres et narines irritées, gène respiratoire et ennuis gastriques: ces symptômes, trois familles vivant et travaillant près de l’usine estiment en être victimes depuis un an et demi.
L’histoire débute en hiver 2005. Un permis de construire relatif à une activité de mécanique générale est accordé dans une zone artisanale à Rimeize. Mais les personnes du voisinage sont vite gênées par des nuages de poussière, des odeurs et du bruit venant du site. Jean-Jacques Demarie, maire de Rimeize, est surpris de découvrir que l’entreprise, délocalisée depuis le Puy-de-Dôme, fait en réalité du traitement de surface de rouleaux pour la société Sollac. Une torche à plasma génère ainsi des poussières métalliques contenant des oxydes de chrome, de nickel… «J’ai alors prévenu la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) et la Direction des affaires sanitaires et sociales (Ddass) pour prendre des mesures» explique le maire.

L’usine, installation classée soumise à autorisation, fonctionne donc sans accord de la préfecture. Désespérée, Monique Greze indique: «Nous attendons une réponse du préfet mais ce que nous souhaitons, c’est qu’elle ferme définitivement ou qu’elle soit délocalisée». Elle et son mari carreleur ont dû déménager en juin pour aller vivre en dehors de la zone. Mais leur entreprise se trouve toujours à côté de l’usine Plasma. Ils auraient trouvé un taux anormal de chrome dans le foie d’une de leurs pintades et des analyses auraient montré un taux anormal de cobalt dans les urines de Monique Greze. Cependant, le lien entre ces résultats et la présence de l’usine à proximité n’a pas été officiellement établi.

Pour manifester leur mécontentement, des habitants de la commune ont bloqué l’usine Plasma le 28 juin dernier. Mais Jean-Jacques Demarie est prudent: «Ils veulent que l’usine déménage mais je souhaite avant tout avoir la preuve qu’elle est polluante». Jean-Claude Prouheze, directeur de recherche chez Vallourec (groupe spécialisé dans la métallurgie et le traitement des surfaces), joue le rôle de conseiller auprès du directeur de l’usine. «Une pression incroyable est exercée sur lui» a-t-il indiqué. Quant à l’avocat des riverains, maître Portal, il ne comprend pas comment une telle entreprise a pu s’installer dans une zone artisanale. «Que font les autorités?» s’exclame-t-il. Il n’empêche: le directeur de l’usine Plasma a obtenu gain de cause lors d’un référé où les riverains voulaient dénoncer une activité non conforme avec celles de la zone artisanale. Pour Jean-Claude Prouheze, toutes ces actions à l’encontre de l’entreprise ne sont pas justifiées: «L’usine a fonctionné pendant plus de 20 ans dans le Puy-de-Dôme sans que ni voisins, ni administration ne posent problème».

Du côté des autorités, on essaie de régulariser la situation. En 2005, le préfet de la Lozère Paul Mourier, a signé un arrêté d’autorisation provisoire. «Par la suite, l’exploitant a fait des investissements significatifs pour se mettre en conformité» a-t-il déclaré. Un point sur lequel Jean-Claude Prouheze est également catégorique: «L’usine suit les règles imposées par la Drire et les résultats sont bien en deçà des seuils imposés. Concernant les poussières, les émissions sont 100 fois inférieures aux normes depuis que des filtres ont été installés». Mais la famille Greze dénonce d’autres pratiques polluantes, comme l’installation récente d’un groupe électrogène qui génèrerait beaucoup de bruit.

Le dossier d’autorisation que l’exploitant a remis en février 2006 suite à un arrêté préfectoral de mise en demeure s’est d’ailleurs avéré insuffisant. «J’ai demandé des compléments d’informations qui devront m’être remis avant le 30 août prochain» a indiqué le préfet. Une décision ne sera prise qu’après la remise du dossier définitif, et s’appuiera sur l’avis du commissaire-enquêteur prochainement nommé dans le cadre de l’enquête publique. Le procureur de Mende a également ouvert une enquête judiciaire, qui tiendra compte des examens médicaux réalisés par deux des riverains. A quand le fin mot de l’histoire?


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