Polémique autour d’un centre de primatologie à Strasbourg

Le 23 janvier 2015 par Romain Loury
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Des essais seront pratiqués sur des lémuriens.
Des essais seront pratiqués sur des lémuriens.
DR

En périphérie de Strasbourg, l’extension d’un centre de primatologie, pour la recherche médicale, irrite fortement les associations de défense de la cause animale. Autorisé en juillet 2014 par arrêté préfectoral, le projet suscite aussi l’interrogation de députés.

Situé à Niederhausbergen, à 6 km de Strasbourg, le Simian Laboratory Europe (Silabe) prévoit de passer de 800 à 1.600 primates, grâce à l’ajout de lémuriens et des callithricidés -ordre qui comprend des tamarins et des ouistitis. Entre autres usages, ces animaux servent de modèles pour les maladies humaines, ainsi que pour les essais d’efficacité et de toxicité de médicaments.

L’affaire est peu du goût des associations, dont Pro Anima et Animalsace. Mi-novembre, les deux associations de défense des animaux ont lancé une pétition demandant l’annulation pure et simple du projet, qui a recueilli près de 43.500 signatures à ce jour.

Selon les associations, ce centre de primatologie constitue un «problème éthique grave». «Rien ne justifie d’infliger de telles souffrances à des animaux sensibles, si intelligents et si proches de nous», jugent-elles.

Une entorse à la règle des 3R?

Il contredirait par ailleurs la «règle des 3R», qui consiste à «Remplacer l'expérimentation animale, Réduire le nombre d'animaux utilisés et Raffiner les procédures», incluse dans la directive européenne n°2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques.

Selon les deux associations, le projet pose également un problème d’ordre sanitaire: «l’élevage se situe tout près d’une zone de captage d’eau, ce qui peut entraîner un risque important de pollution de la nappe phréatique, par les traitements vétérinaires, les matières organiques, les déchets résiduaires». Sans oublier «la diffusion possible de nouveaux virus».

La pétition estime par ailleurs que «les objectifs scientifiques ne sont pas fiables: aucune espèce ne peut être prise comme modèle biologique pour une autre». Si elle est relayée auprès du JDLE par Claude Reiss, ancien chercheur en biologie et président de l’association Antidote Europe, l’assertion trouve à ce jour assez peu de crédit dans le monde scientifique.

Deux députées sur le dossier

Le débat dépasse toutefois le milieu associatif. Fn 2014, les députées Laurence Abeille (Val-de-Marne, EELV) et Arlette Grosskost (Haut-Rhin, UMP) ont interrogé le ministère de l’agriculture, en charge de la protection des animaux de laboratoire. Dans sa réponse publiée le 6 janvier, celui-ci rappelle que l’utilisation des animaux de laboratoire «doit être pleinement justifiable et les avantages escomptés  doivent l'emporter sur les préjudices causés aux animaux».

«Les projets utilisant des animaux à des fins scientifiques doivent être autorisés au préalable par le ministère de la recherche, après avoir été soumis à l'avis d'un comité d'éthique qui étudie avec attention le respect de la règle des 3 R», ajoute le ministère.

Contactés vendredi, ni la direction du centre de primatologie, ni les coordinateurs français du réseau européen Infect-ERA auquel il appartient, n'étaient en mesure de répondre aux questions du JDLE.



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