Pôle de compétitivité pour l'agro-industrie champenoise

Le 15 juillet 2005 par Charlotte Monégier
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Le 12 juillet dernier, l'Etat a annoncé la sélection du pôle de compétitivité «Industries et Agro ressources», qui rassemble les régions Champagne-Ardenne et Picardie. Une opportunité pour l'agro-industrie française mais aussi pour le développement des bioproduits.

Le 12 juillet, les régions Champagne-Ardenne et Picardie ont obtenu le soutien financier du gouvernement pour la création de leur pôle de compétitivité «Industries et Agro ressources». Ce pôle compte se développer sur les marchés émergeants, axés sur l'utilisation de tous les composants de la plante. «Pour l'instant, nous n'exploitons qu'une partie des plantes que nous cultivons», explique Dominique Dutartre, directeur général adjoint de Champagne Céréales et président du centre de recherche privé Agro-industrie recherches et développements (ARD), deux établissements associés à ce pôle. «Notre idée, reprend-il, c'est de valoriser l'ensemble de la plante en la transformant intégralement». Il entend ainsi satisfaire les demandes de la société en matière de produits renouvelables et respectueux de l'environnement, tout en luttant contre le changement climatique. Comment? Grâce à la fabrication et à la commercialisation de bioproduits.

L'utilisation de bioproduits dans les domaines des transports, du machinisme, des matériaux ou de l'emballage permet de réduire de 50% à 80% les émissions de gaz à effet de serre. 90% sont biodégradables à court terme: leur impact est donc relativement faible sur l'environnement. Les spécialistes, comme Dominique Dutartre, promettent que, demain, des produits pourront être réalisés à partir de cette ressource inépuisable qu'est la plante. Pour cela, une piste est étudiée: la fermentation des « molécules passerelles » alternatives à la chimie du pétrole, pour créer, notamment, les biocarburants. La production française de «pétrole vert» devrait être triplée d'ici à 2007. On pourrait ainsi distiller 2 à 3 millions d'hectolitres d'éthanol (un additif à l'essence tiré du blé et de la betterave), au centre de recherche d'ARD, et substituer le carbone contemporain au carbone fossile. L'avenir du «pétrole vert» ne se limite pas aux biocarburants. Il pourrait aussi passer par des activités plus fines, comme la cosmétique. Les tensioactifs qui entrent dans la composition des crèmes pour la peau sont de plus en plus souvent issus de plantes. On sait aujourd'hui fabriquer à partir du tournesol un gel idéal pour les produits de beauté.

L'ambition du pôle de compétitivité des régions Champagne-Ardenne et Picardie est de devenir, en 2015, le leader européen de l'innovation dans le domaine de la valorisation industrielle des agro-ressources. Mais pour mener à bien cet objectif, il faut des financements. Et c'est là qu'intervient l'Etat, qui a choisi de soutenir les actions du pôle. Tout se déroule alors sous autorité préfectorale: chaque projet est étudié et selon son bien-fondé, sa corrélation avec les exigences initiales de l'Etat, celui-ci accorde son aide ou non. «Il s'agit d'un coefficient d'accompagnement, décidé au cas par cas, et qui peut varier en fonction du projet», ajoute Dominique Dutartre. Lorsqu'un projet est soutenu, la création de pôle de compétitivité paraît être une réelle opportunité scientifique. Mais il reste un problème. «Bien qu'elle incite à la cohésion et au travail en commun, la création de pôle mutualise des projets, sans penser à la gestion de la propriété intellectuelle des découvertes scientifiques», conclut Dominique Dutartre. C'est un point important qui n'a pas encore été soulevé par le gouvernement.






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