Poisson: le mercure dépasse les bornes

Le 09 janvier 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Trop de marlin, c'est trop de mercure.
Trop de marlin, c'est trop de mercure.

Les plus gros consommateurs de certains poissons, dont le thon et l’espadon, sont à risque de dépasser la dose hebdomadaire tolérable (DHT) pour le mercure, prévient l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un rapport publié fin décembre.

Objectif de cette nouvelle expertise: revoir la toxicité du mercure, métal lourd dont les effets délétères s’étendent entre autres au cerveau et à l’ensemble du système nerveux. Portant sur près de 60.000 études, cette analyse a permis à l’Efsa d’affiner les DHT de deux composés à base de mercure: le mercure inorganique et le méthylmercure, forme organique la plus nocive. Deux éléments abondants dans certains poissons (thon, espadon, merlan, morue, brochet, merlu), principales sources d’exposition dans la population.

Changement important, l’abaissement de la DHT du méthylmercure, ramené à 1,3 microgramme par kilo (µg/kg) de poids corporel, contre 1,6 µg/kg auparavant -valeur déterminée par le Comité d'experts FAO/OMS sur les additifs alimentaires (JECFA). Raison de cette baisse, l’effet bénéfique des oméga-3 présents dans ces poissons, qui masquerait en partie la toxicité du mercure -phénomène observé lors d’une récente étude menée aux Seychelles.

Or, si la population générale se situe en dessous de cette nouvelle DHT, certains gros consommateurs de ces poissons semblent fortement la dépasser, jusqu’à 6 fois! En plein développement cérébral, «les enfants qui ne sont pas encore nés constituent le groupe le plus vulnérable au méthylmercure, et certaines femmes enceintes peuvent fort bien faire partie des gros consommateurs de ces poissons», souligne l’Efsa.

Quant au mercure inorganique, sa DHT a été maintenue à celle précédemment fixée par le JECFA, à 4 µg/kg de poids corporel. Il est moins toxique que le méthylmercure, et de plus le risque de dépassement de la DHT semble moins marqué. Du moins par voie alimentaire: du fait de sa présence dans les amalgames dentaires, le mercure inorganique pourrait dans certains cas dépasser le seuil critique, prévoit l’Efsa.

Si les DHT déterminées par l’Efsa ne s’appuient que sur les effets cérébraux du mercure, l’autorité appelle à mener d’autres études portant sur ses effets cardiaques et immunitaires, encore peu connus.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus