PNUE : La consommation des ressources naturelles n’est pas durable

Le 12 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chaque occidental consomme 16 tonnes de ressources naturelles par an
Chaque occidental consomme 16 tonnes de ressources naturelles par an

Un rapport du Pnue souligne le caractère non durable de notre consommation de ressources naturelles. Mais peine à trouver des solutions concrètes pour découpler nos prélèvements de notre croissance économique.

On est foutus, on consomme trop. C’est, très résumé, le principal message délivré par le dernier rapport du Programme des nations unies pour l’environnement (Pnue).

Rendue publique jeudi 12 mai, lors de la session annuelle de la Commission des Nations Unies pour le développement durable, à New York, l’étude rappelle d’abord quelques chiffres essentiels. Chaque « Occidental » consomme, en moyenne, 16 tonnes par an de minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse, contre 4 tonnes par an pour un Indien. Depuis le début du XXe siècle, nous avons doublé notre consommation de ressources naturelles.

Et, sous le double effet de la croissance démographique et de l’augmentation général du niveau de vie, ces chiffres sont appelés à progresser.

Vers le milieu du siècle, l’Humanité pourrait ainsi consommer 140 milliards de tonnes par an de ces ressources essentielles, soit trois fois plus qu’aujourd’hui. Et cela «va sans doute bien au-delà des niveaux supportables», estime les membres du panel international des ressources du Pnue, auteurs de l’étude.

Les conséquences de la surexploitation s’observent déjà pour certaines ressources vitales. « Les gisements bon marché et de bonne qualité de certaines ressources essentielles telles que le pétrole, le cuivre et l’or, commencent déjà à s’épuiser, avec pour conséquence, une hausse des volumes de combustibles et d’eau douce nécessaires à leur extraction ». Il faut dégager à présent trois fois plus de matières pour extraire un minerai donné, qu’il y a un siècle, avec la dégradation des sols, de la qualité de l’eau et la consommation d'énergie que cela entraîne.Un véritable cercle vicieux.

La solution : «Faire en sorte que le taux de productivité des ressources dépasse celui de la croissance économique est le principe fondamental de la notion de découplage», souligne le panel. Il nous faudra apprendre à faire plus avec moins. Ce qui n’est pas sans rappeler la méthode professée par le scientifique allemand Ernst Ulrich von Weizsäcker [JDLE], également membre du panel.

La piste fixée par le Pnue est consensuelle, mais comment la tracer ?

Globalement, énonce l’instance onusienne, cela implique de « repenser les liens entre l’utilisation des ressources et la prospérité économique et de soutenir les innovations technologiques, économiques et sociales par des investissements massifs, pour parvenir au moins au gel de la consommation par habitant dans les pays riches, tout en aidant les pays en développement à adopter un mode de croissance plus durable. »

Pas assez concret ? Alors, suivez le guide. L’Allemagne s’est ainsi fixé des objectifs en matière de productivité des énergies et des ressources et entend multiplier celle-ci par deux d’ici à 2020.

Après s’être engagé à devenir une «société durable», le Japon a massivement investi dans la collecte, le tri et le recyclage des déchets. Les mesures mises en place par le Japon «sont probablement les exemples les plus aboutis d’amélioration de la productivité des ressources et de limitation des impacts environnementaux dans la pratique,» indique le rapport.

En Afrique du Sud, la bonne gestion des ressources est inscrite dans la constitution. Les politiques qui en découlent tendent à un «découplage des ressources et de l’impact» et des réductions des émissions de 30 à 40 % d’ici à 2050.

La Chine entend réduire de 40 à 45% son intensité carbone entre 2005 et 2020. L’empire du milieu prévoit aussi de réduire considérablement ses consommations, notamment dans le secteur agricole.

Cela suffira-t-il ? Probablement pas. Car pour atteindre rapidement un niveau jugé soutenable par le Pnue, les sacrifices à consentir apparaissent trop importants. Pour stabiliser nos consommations au niveau de l’an 2000, les pays les plus riches devraient réduire leurs prélèvements des deux tiers et les pays émergents les stabiliser.

Ce scénario comporterait tant de restrictions et rebuterait tellement les décideurs politiques qu’il « peut difficilement être envisagé comme un objectif stratégique potentiel, » reconnaissent les auteurs.

 
 
http://www.journaldelenvironnement.net/article/une-economie-decarbonee-est-possible,22633
 
 


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