Pneus usagés: une ACV met en cause la hiérarchie européenne des déchets
Le 04 février 2010 par Victor Roux-Goeken«L’ACV montre que le bilan environnemental des voies de valorisation matière n’est pas systématiquement meilleur que celui des voies de valorisation énergétique.»
Neuf voies de valorisation des PUNR ont été analysées. «Deux voies de valorisation en travaux publics: bassin de rétention et bassin infiltrant; deux voies de valorisation énergétique: cimenterie et chaufferie urbaine; cinq voies de valorisation matière: aciérie, fonderie, objets moulés, sols synthétiques et équestres.»
A l’aune de huit indicateurs environnementaux (1), la production de gazon synthétique, d’objets moulés et la cimenterie apparaissent comme les voies les plus intéressantes de traitement des PUNR. Une étude concluant à l’intérêt de l’incinération en cimenterie avait déjà été publiée en novembre dernier (2).
«Les bénéfices des gazons synthétiques sont essentiellement dus à la substitution des granulats de PUNR à un mélange de craie et de granulats d’EPDM (3) vierge, dont la production est très énergivore. Ceux des objets moulés proviennent de la substitution des granulats de PUNR à du polyuréthane. Dans le cas de la cimenterie, le bilan environnemental favorable est lié à la part biomasse du PUNR et à la substitution du coke de pétrole par des broyats de pneus usagés», écrit l’éco-organisme.
Bassins de rétention et bassins infiltrant présentent des bénéfices minimes. L’incinération en fonderie, émergente, présente des intérêts «particulièrement prometteurs à moyen terme (un à trois ans)».
Selon les indicateurs considérés, «les autres voies de valorisation présentent des bénéfices plus ou moins marqués par rapport aux deux premières catégories».
En 2008, 47,1% des pneus sont partis en valorisation matière, 38,4% en valorisation énergétique et 14,5% ont été réutilisés.
(1) Consommation d'énergie primaire totale, de ressources non renouvelables, d’eau, contribution à l'eutrophisation, émissions de gaz à effet de serre d’origine fossile, de gaz acidifiants, création d’ozone troposphérique, production de déchets non dangereux
(2) Dans le JDLE «Le pneu usagé serait un combustible intéressant pour les cimenteries»
(3) Caoutchouc synthétique éthylène-propylène, dit aussi EPDM»
5 réactions
Reinbolt rene | 14/02/2010 - 11H55
tout et son contraire! Quand on connait les multiples additifs qu'on inecte durans la production de caoutchoucs synthétiques comme les latex et N.B.R-S.B.R par ex.,on peut se demander ,en attendant une réponse objective, pourquoi les cimentiers avaleurs de toutes sortes de déchets dits ultimes! osent prétendre qu'ils améliorent les émissions dans l'air environnant en ne profitant que du P.C certes intéressant! omettant complètement de parler des éléments minéraux et particules supplémentaires? Peut-être qu'un jour ils nous afficheront des résultats analytiques de leurs émissions dans notre Environnement? Quand les décharges de PUNR brûlent avec des emissions de fumées noires toxiques ,on nous rassure : c'est pas toxique!
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salomon daniel | 09/02/2010 - 16H57
le recyclage matière des PUNR Diplomé de l'Institut Français du Caoutchouc , je me permets d'ajouter à l'article que la réutilisation des PNUR est loin d'être applicable à toutes les carcasses, car les fils la constituant doivent être intacts, pour d'évidentes raisons de sécurité. Il me semble difficile d'aller plus loin sur ce domaine que les 15%. J'avoue ne pas bien connaitre le lobbyisme des cimentiers. Par contre, l'auteur de l'additif sur la biomasse des pneus ignore que les pneus de camions sont en caoutchouc naturel, et aussi que la régénération des autres élastomères des pneus ne posent aucun problème technique. Le caoutchouc obtenu (dit "régénéré") permet de baisser le coût matière de pièces en caoutchouc, mais au prix d'une chute des propriétés. Cela cantonne hélas l'utilisation de régénéré aux butées de porte, roues de brouettes et tapis de voiture, et autres pièces de basse tenue mécanique. Cela limite hélas l'intérêt de la régénération, qui demande accessoirement aussi de la chaleur pour ca&sser la vulcanisation, et de l'énergie mécanique pour réduire les morceaux en bouillie. L'utilisation de régénéré est un classque de la formulation de pièces en caoutchouc, et nécessite un soin particulier pour revulcaniser ce qui a été détruit.
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durand regis | 05/02/2010 - 10H45
Biomasse des pneus ....... une fois de plus on apprécie la puissance de lobbyisme cimentier. Je lis "Dans le cas de la cimenterie, le bilan environnemental favorable est lié à la part biomasse du PUNR ". Au cas où ces brillants expert l'auraient oublié, il y a bien longtemps que les pneus ne sont plus fabriqués en caoutchouc naturel!!! Effectivement une part infime de caoutchouc naturel peut être utilisé mais uniquement pour la bande roulante du pneu, i.e dans une proportion inférieure à 3%. Et là où on apprécie toute l'hypocrisie de l'étude, c'est que bien entendue, lorsque qu'un pneu est usé, c'est la bande roulante qui est restée sur la route! Et oups disparue la biomasse ou presque. C'est dommage parce que des "erreurs" comme celle là discréditent l'ensemble de l'ACV.
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claude duport | 04/02/2010 - 19H40
Dechets ou pas ? Apprendre à lire les textes. Les PUNR sont des déchets lorsqu'ils sont mis dans le circuit des déchets ou pire jetées dans la nature (et dans des stokages plus ou moins abandonnés). Par contre rien dans la directive n'empéche Aliapur de financer la mise en place des filières de valorisation que ce soit matière ou énergétique en respectant bien sur les normes environnementales. Des filières bien stucturées permettraient même de faire sortir les PNUR de l'état de déchet pour passer à celui de matériaux de substitution. Pour cela il suffit que les cimenteries respectent les normes de rejets fixés pour la coincinération car la composition des PNUR est complexe et loin du caoutchouc naturel . De plus si les PNUR deviennent assimilés à un combustible de substitution il ne restera qu'à fixer le prix de ce combustible pour les cimenteries, prix en rapport évidemment avec le fort PCI des PNUR et avec le prix des combustibles normalement utilisés.
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LAMBERTI JEAN | 04/02/2010 - 16H00
CIMENTERIE VALORISATION DECHETS Ce n'est pas la première fois que l'analyse du cycle devie montre que la valorisation énergétique en cimenterie est très performante(les huiles usagées ACV ADEME avait aussi montré l'impact minimum de cette filière) C'est vraiment une partique en ligne avec le D.D.
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