Plusieurs millions de logements concernés par le risque radon

Le 28 avril 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les émissions moyennes de radon, en France, sont 4 fois supérieures à celles mesurées au Royaume-Uni.
Les émissions moyennes de radon, en France, sont 4 fois supérieures à celles mesurées au Royaume-Uni.
IRSN

Il n’y a pas que le tabac pour favoriser le cancer du poumon. L’inhalation de radon, un gaz radioactif issu de la désintégration de l’uranium naturel, est elle aussi passablement toxique. Pourtant, mise à part une première étude réalisée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), rares sont les travaux de quantification de ce risque disponibles en France.

L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) va publier le résultat de travaux réalisés par l’Institut de veille sanitaire (InVS), à partir de la campagne de mesure menée entre octobre 2003 et novembre 2005.

Les chercheurs avaient alors analysé des échantillons de l’air prélevés dans 567 logements, représentatifs des 24 millions de résidences principales françaises. La concentration d’une trentaine de polluants chimiques, physiques, microbiologiques avait été évaluée. De même que les teneurs en radon.

Pour correctement évaluer le risque, les chercheurs ont aussi pris en compte la nature du sol de chaque logement, ainsi que les caractéristique des bâtiments. Que peut-on déduire de tout cela?

Des travaux s'imposent

Tout dépend du point de vue. Si l’on est rassurant, on mettra en avant le fait que la concentration moyenne de radon est de 65 becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3) dans le séjour et 59 Bq/m3 dans la chambre.

Proches des résultats publiés par l’IRSN, ces données sont très éloignées des maxima observés (1.215 Bq/m3 et 2.161 Bq/m3). Loin aussi des niveaux recommandés par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). L’institution onusienne précise que la concentration en radon dans l’habitat ne doit pas excéder 300 Bq/m3.

Si l’on est un peu plus alarmiste, on notera que près de 500.000 résidences principales (2% du parc) présentent probablement des concentrations supérieures à 400 Bq/m3; seuil au-delà duquel les exploitants d’établissement recevant du public (ERP) doivent agir. L’OMS estime aussi que la teneur en radon ne devrait pas excéder 100 Bq/m3. Avec un tel niveau, ce sont 3,5 millions de logements dans lesquels des travaux d’isolation ou de ventilation s’imposent.

En France, il n’existe pas de seuil réglementaire pour le radon dans l’habitat. Toutefois, le haut conseil de la santé publique a recommandé, en 2010, que des actions soient entreprises dans des logements et des ERP dont l’air contient 300 Bq/m3, première «étape de la stratégie de gestion du radon, en France, avec un objectif à long terme d’abaisser ce niveau d’action à 100 Bq/m3».

Après la précarité énergétique, la précarité radiologique?

 



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