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Plus l’air est pollué, plus les pigeons volent vite!

Le 08 janvier 2016 par Yves Leers
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Dans l'air pollué, le pigeon accélère.
Dans l'air pollué, le pigeon accélère.
DR

Pour échapper à la pollution de l’air, les columbidés augmentent leur vitesse de vol. Un indice de leur capacité à détecter particules et oxydes d’azote?

Plus l’air est pollué, plus les pigeons rentrent vite au bercail! Alors que nous, pauvres humains, subissons la pollution en toussant, les pigeons ont une autre stratégie: ils volent plus vite (+ 22,7%) dans le nuage suffocant pour s’en échapper, selon une étude de chercheurs français et américains publiée dans Nature le 5 janvier sous le titre Pigeons home faster through polluted air.

Pigeons actifs

S’appuyant sur les données recueillies par l’Association chinoise des pigeons de course, les chercheurs –dont une équipe française[1]- ont découvert que «loin d'être passifs face au danger, les pigeons avaient adopté un comportement qui leur permet d'éviter l'exposition aux éléments toxiques et le manque de visibilité pouvant faciliter leur prédation».

68,2 km/h dans l’air pollué

Au contact de la pollution, les pigeons accélèrent de 22,7% exactement leur vitesse de croisière en moyenne. Les données de l’association chinoise provenaient de 415 courses de pigeons qui se sont déroulées en 2013 et 2014 dans une région où l’air est considérablement pollué, la Grande plaine de Chine du Nord. Mesurant la vitesse de course des pigeons rentrant vers leurs cages, les scientifiques ont pu comparer, sur des distances d’environ 470 kilomètres, la vitesse moyenne selon les conditions de vol. Lorsque l’air était pur, la vitesse moyenne des pigeons était de 55,6 km/h. Elle passait à 68,2 km/h dans un air si pollué qu’il était qualifié de «dangereux» pour l'homme.

Repères visuels et olfactifs

Alors que les chercheurs s’attendaient à un ralentissement du vol, les résultats ont donc montré que plus le niveau de pollution de l'air était élevé, plus vite ils retournaient chez eux», selon 4 variables qui jouent sur la vitesse des volatiles: la distance, la direction du vent, les conditions climatiques et la qualité de l'air. Ils ont aussi découvert que «contrairement à une idée reçue, la température n'a pas une grosse influence sur la vitesse des pigeons, des résultats d'autant plus inattendus que la brume de pollution réduit la visibilité et nuit à la santé». Ainsi, l'accumulation de métaux lourds et de particules fines aurait dû réduire la performance de vol, selon les chercheurs. De plus, le système de navigation des oiseaux, qui repose en partie sur des repères visuels et olfactifs, devrait être détérioré par les interférences des particules et le manque de visibilité. Les pigeons conscients du danger accéléreraient donc pour réduire cet inconfort.

Capacité de détection

«S'il s'avère que les animaux ont conscience de la pollution de l'air, de son impact néfaste et changent leur comportement pour l'éviter, peut-être devrait-on suivre cet enseignement de la nature et changer nous aussi nos comportements», conclut l’un des auteurs de l’étude, Franck Courchamp, directeur de recherche CNRS à l'université Paris Sud. A tel point que les experts de la pollution de l’air se demandent si les pigeons ne détectent pas la pollution aux particules fines ou aux oxydes d’azote de façon encore plus efficace que leurs machines.



[1] laboratoire ESE (Ecologie, Systématique et Evolution) du CNRS/Paris-Sud/AgroParisTech.

 



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