Plus forte que la taxe carbone, la taxe bidoche?

Le 14 décembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Taxer la viande pour réduire les émissions de GES du secteur de l'élevage.
Taxer la viande pour réduire les émissions de GES du secteur de l'élevage.
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Un groupe de pression britannique milite pour la taxation de la viande, seule à même d’en réduire la consommation et les émissions de GES qui en résulte.

 

C’est l’une des décisions passées totalement inaperçues lors du dernier sommet climatique mondial. Durant la COP 23, l’ONU a accepté comme observateur l’office international de la viande. Rien à voir avec la piètre qualité des menus proposés aux congressistes. Le secteur de l’élevage s’inquiète plutôt de l’intérêt croissant de la communauté internationale pour l’impact climatique de l’élevage. Une problématique qui conduit des personnalités des ONG à lancer des appels réguliers pour réduire la consommation de viande, notamment bovine.

7 milliards de tonnes de GES par an

Outre son classement probable comme cancérigène, la viande rouge est une importante émettrice, directement et indirectement, de gaz à effet de serre (GES). Selon les statisticiens de la FAO, l’industrie de la viande rejette 7 milliards de tonnes équivalent CO2: 14,5% de la totalité des GES anthropiques.

Taxe pigouvienne

Créé par des investisseurs soucieux du risque environnemental et financier posé par l’élevage industriel, Farm Animal Investment Risk and Return (Fairr) plaide pour un alourdissement de la taxation de la viande, seul à même de limiter la consommation et ses effets environnementaux. Rappelant que l’appétit mondial pour les produits carnés devrait progresser de 70% d’ici 2050, ce groupe de pression souligne qu’une bonne taxe pigouvienne donne de bons résultats dans d’autres domaines. Frappé comme de nombreux pays par une épidémie d’obésité, le Mexique prélève depuis 2014 une dîme sur les boissons sucrées. Résultat: la consommation de sodas par habitant a baissé de 11% entre 2014 et 2016. Un exemple parmi d’autres.

Des parlementaires allemands, suédois et danois se sont déjà saisis de projet de taxation «environnementale ou sanitaire» de la viande. Ils se basent notamment sur de récents travaux de chercheurs de l’université d’Oxford. Dans un article publié en octobre 2016, Marco Springmann et son équipe montraient que l’accroissement de 40% du prix de la viande bovine diminuerait la demande de 13%. Une potion qui ne sera pas facile à avaler pour les éleveurs.



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