Plus de concertation et moins d’exposition pour les antennes-relais

Le 26 août 2013 par Marine Jobert
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Les occupants bientôt informés de l'installation des antennes-relais?
Les occupants bientôt informés de l'installation des antennes-relais?

Réduire l’exposition des populations sans dégrader la qualité de service? Ce serait la quadrature du cercle, à lire un premier rapport remis aujourd’hui au ministre de l’écologie et à la ministre déléguée à l’économie numérique. Autre épine dans le pied des opérateurs: un autre rapport préconise d’augmenter singulièrement l’information des populations et des élus lors de l’implantation d’antennes-relais.

Identifier de nouvelles procédures de concertation et d'information locales pour accompagner les projets d'implantation d'antennes-relais mobiles et évaluer la faisabilité d'un abaissement de l'exposition aux radiofréquences émises par les antennes-relais de téléphonie. Voilà les thèmes des deux rapports rédigés par le Conseil général de l’environnement et du développement durable et par le comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile[1], qui ont été remis aujourd’hui 26 août à Philippe Martin, ministre de l'écologie, et à Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge de l'économie numérique.

 

Valeurs-limites respectées

Le premier retrace les expérimentations qui se sont déroulées dans 16 quartiers-pilotes représentatifs de la diversité des configurations urbaines. L’exposition a été calculée sur «plusieurs centaines de millions de points, sur toutes les façades des bâtiments et toutes les surfaces au sol». Les résultats des mesures du niveau d'exposition aux antennes de téléphonie mobile seront prochainement disponibles sur le site cartoradio.fr, assure le ministère de l’industrie.

L’exposition qui a été modélisée est une exposition théorique et maximisée, qui fait l’hypothèse que tous les émetteurs fonctionnent en même temps à puissance maximale. Bilan: environ 90% des niveaux d’exposition modélisés sont inférieurs à 0,7 volt par mètre et 99% à 2,7 V/m, alors que les valeurs-limites réglementaires sont comprises entre 40 V/m et 61 V/m pour les fréquences utilisées par la téléphonie mobile. Dans les zones mesurées comme étant les plus exposées, le rapport conclut que «dans environ 20% des cas, les antennes-relais ne sont pas la source principale d’exposition». Les autres sources sont notamment: bases de téléphone sans fil Dect, émetteurs radio FM ou téléphones portables à proximité, boîtiers multiservices wifi…

 

Exposer moins, couvrir à l’identique

En essayant de réduire ces «points chauds» -en abaissant la puissance des émetteurs-, les ingénieurs se sont rendu compte qu’une «réduction de l’exposition est possible sans dégradation significative de la couverture. Il convient d’être particulièrement vigilant lors de ce type de traitements afin de ne pas entraîner une redistribution de l’exposition trop importante sur d’autres points situés à proximité». Un point à retenir dans la perspective d’une démarche de réduction globale de la puissance des antennes.

 

Trois fois plus d’antennes

Mais une réduction globale de l’exposition, prévient le rapport, a montré «qu’un abaissement de l’exposition en façade et au sol à 0,6 V/m, s’accompagnerait d’une forte détérioration de la couverture du réseau, en particulier à l’intérieur des bâtiments». Des résultats obtenus par simulation numérique et confortés par des expérimentations sur le terrain. Une dégradation qui diminue avec des valeurs-cibles d’exposition plus élevées. Du coup, les ingénieurs se sont demandés combien de sites d’implantation d’antennes supplémentaires seraient nécessaires afin de restaurer la couverture initiale tout en maintenant un niveau d’exposition inférieur à 0,6 V/m en façade et au sol. «La conclusion est que le nombre de sites devrait être multiplié par un facteur au minimum égal à trois.» Au minimum, «puisque les calculs ne prennent pas en compte un certain nombre de paramètres (volume de communications, dégradation de la qualité de service, écoulement du trafic, accessibilité aux sites)».

 

La 4G: 50% d’exposition en plus

Cette expertise accuse un temps de retard (technologique), puisqu’elle n’inclut ni le réseau 3G de Free Mobile qui a été ouvert au public début 2012, ni les réseaux 4G (quatrième génération) qui ont été ouverts au public fin 2012. L’état des lieux porte sur les réseaux 2G (deuxième génération de téléphonie mobile) et 3G (troisième génération) de Bouygues Télécom, Orange et SFR. Toutefois, des travaux de simulation de l’impact du déploiement d’antennes 4G (LTE) théoriques sur l’exposition du public ont été menés. Verdict: «l’ajout d’émetteurs 4G crée une augmentation moyenne de l’exposition (…) en façade et au sol de 50% environ. A titre d’exemple, au sol sur la zone d’expérimentation de Paris XIVe, l’exposition moyenne passerait de 0,6 V/m à 0,9 V/m environ».

 

Informer les résidents

Le second rapport, lancé en mars 2010 par le CGEDD, identifie de nouvelles procédures de concertation et d'information locales pour accompagner les projets d'implantation d'antennes-relais, grâce aux expérimentations qui ont eu lieu sur 9 villes-pilotes jusqu'en décembre 2012. Il recommande notamment l'information obligatoire des occupants d'un bâtiment préalablement à l'installation d'une antenne, la transmission obligatoire par l'opérateur d'un dossier d'information au maire sur les projets d'antennes en réglementant son contenu, la relance des instances de concertation départementales, ou encore la possibilité pour les maires de demander aux opérateurs des simulations du champ généré par une future antenne.

 

 



[1] Installé en 2009, ce comité opérationnel a associé des représentants de l'Etat, de collectivités locales, d'opérateurs de téléphonie mobile, d'associations de défense des consommateurs et de protection de l'environnement, et il s'est appuyé sur des compétences scientifiques et techniques fortes (Agence nationale des fréquences, Centre scientifique et technique du bâtiment, Institut national de l'environnement industriel et des risques, experts).

 



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