Plus d’un milliard d’euros pour réhabiliter les anciens sites miniers

Le 06 mars 2009 par Sonia Pignet
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mine charbon ok
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Dans son rapport annuel 2009, la Cour des comptes consacre un chapitre à la fin de l’exploitation charbonnière. Elle évalue globalement le coût de l’après-mines à 5 milliards (Md) d’euros dont plus d’un quart est consacré à la remise en état des sites.

En avril 2004, la dernière tonne de charbon français est extraite de la mine de la Houve (Lorraine). Moins de 4 ans après, le 1er janvier 2008, la société Charbonnages de France (CdF) est mise en liquidation et une cellule du même nom est mise en place. Parmi ses missions: assurer le suivi des travaux des anciens sites. Lorsque la mine ferme, l’exploitant a l’obligation de mettre ces sites en sécurité, pour protéger les hommes et l’environnement. Que les mines soient souterraines ou en surface, il a fallu réaliser des travaux de réhabilitation, travaux aussi longs que coûteux.

Pour les mines en surface, les travaux consistent essentiellement à assurer la stabilité du terrain, notamment en gérant les écoulements d’eau et en végétalisant. Pour les mines souterraines, les risques sont plus importants et la réhabilitation demande plus d’efforts. La première étape est de condamner les accès au chantier et aux puits, en bouchant tous les trous. Mais cela n’empêche pas l’eau de s’infiltrer et, puisque le pompage n’est plus effectué, elle remplit peu à peu les anciennes mines. Il est donc indispensable de réaliser des études géologiques et hydrologiques pour savoir où et quand l’eau sortira et surtout quelle sera sa qualité. En remplissant les puits, l’eau peut en effet se charger d’éléments en teneur trop importante pour être relarguée telle quelle dans la nature. Dans 10, 20 ans ou plus encore en fonction des mines, il pourrait donc être nécessaire d’installer des stations de traitements de ces eaux.

Autre chantier: le gaz. Plus l’eau comble les galeries, plus le gaz -le grisou tant redouté des mineurs- s’en échappe. Il faut donc percer pour permettre son évacuation et, éventuellement le récupérer et l’utiliser. «En France, deux sites (en Lorraine et dans le Nord) réinjectent le grisou dans le réseau de gaz», indique Patrick Bouzenot, responsable technique et administratif au sein de la cellule Liquidation de CdF. Lorsque tout le gaz aura été récupéré, il faudra procéder au démantèlement des installations. Dans les mois qui suivent l’arrêt de l’exploitation et durant la période d’ennoiement de la mine, il peut également y avoir des affaissements de terrain, dont les conséquences coûtent parfois cher.

Sans oublier le démantèlement des installations de surface (qui vont des machines d’extraction jusqu’aux bureaux en passant par les voies ferrées), et la dépollution des sols des usines annexes si nécessaire.

La Cour des comptes a fait le total: depuis 1990 (date qui correspond à l’arrêt de l’exploitation dans le Nord-Pas de Calais), la remise en état des sites arrêtés a déjà coûté plus de 1.033 millions d’euros. Et ce n’est pas fini. La cellule Liquidation, qui compte aujourd’hui une vingtaine de personnes, poursuit cette tâche jusqu’en 2011. Elle s’occupe de gérer les travaux déjà engagés en 2007, qui représentent un coût de 9,5 millions €. Après cette date, d’autres travaux, notamment liés à la montée des eaux dans les puits ou à l’arrêt des installations de récupération du gaz, seront pris en charge par l’Etat. Ils sont évalués à 13,2 millions € d’ici 2013. Si tout se passe bien, il ne devrait demeurer à partir de cette date que des dépenses récurrentes relatives à des activités de surveillance et de prévention, prises en charge par le département Prévention et sécurité minière du BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières). Elles représenteront tout de même environ 10 millions € chaque année. On est donc loin d’avoir fini de payer pour le charbon.


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