Plus d’argent pour les déchets nucléaires US

Le 21 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour les moment, les combustibles usés sont stockés en surface.
Pour les moment, les combustibles usés sont stockés en surface.
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Faute de site de stockage de combustibles usés, la justice américaine interdit au gouvernement de percevoir la taxe censée le financer.

Depuis 1983, chaque consommateur américain d’électricité paie une taxe d’un dixième de cent le kilowattheure pour financer la construction et l’exploitation d’un site de stockage géologique de déchets radioactifs. Ce qui représente, en gros, 1% du montant de la facture électrique US.

Cette taxe est d’abord collectée par les compagnies électriques qui la reversent ensuite au département à l’énergie (DOE). Chaque année, la dizaine d’électriciens qui exploitent des centrales nucléaires versent ainsi 750 millions de dollars (580 millions d’euros) au DOE.

1,3 milliard d'intérêts par an

Lequel gère désormais un fonds d’une trentaine de milliards de dollars, qui s’enrichit de 1,3 Md$ (966 M€) d’intérêts par an.

Mais cela devrait s’arrêter. Une cour d’appel de Washington vient, en effet, de juger cette taxe nucléaire indue.

Une loi adoptée en 1982 prévoit que le DOE gère l’aval du cycle nucléaire. En jargon, cela signifie qu’il doit construire et exploiter un entrepôt souterrain capable d’accueillir, en toute sécurité, les déchets les plus actifs produits par le nucléaire civil. Une demi-douzaine de sites ont été explorés, avant que le Congrès n’ordonne, en 1987, de se consacrer au seul site de Yucca Mountain, dans le Nevada. Ordre confirmé, 5 ans plus tard, par le président Bush.

La loi de Vegas

Situé à moins de 200 kilomètres de Las Vegas, cet ancien volcan doit recevoir, précise la loi, 77.000 tonnes de déchets, soit le tonnage de combustibles usés produit par les 104 réacteurs civils depuis leur démarrage jusqu’à… 2014.

Un tunnelier commence le creusement des 64 km de galeries prévus (8 km seront effectivement réalisés). Au total, les études et les premiers travaux engloutiront 7 Md$ (5,2 Md€). Mais les fonds viennent à manquer à la fin des années 2000. Le sénateur démocrate de Las Vegas, Harry Reid (chaud partisan de Barack Obama) mène une très virulente campagne contre le projet.

Lequel est finalement tué dans l’œuf durant l’été 2009. La politique américaine devenant alors paradoxale. D’un côté, l’administration Obama demande aux exploitants de centrales nucléaires de stocker leurs combustibles usés dans le périmètre des centrales. Ces déchets sont laissés (et resteront de nombreuses années) dans leurs conteneurs de transport; lesquels n’ont pas été conçus pour cet usage. D’un autre côté, elle continue de percevoir la taxe nucléaire pour financer la réalisation d’un projet qui a été abandonné.

C’est cette incohérence qu’ont sanctionnée les magistrats de Washington. Dans leur décision, rendue en début de semaine, ils interdisent la perception de la taxe jusqu’à ce que le DOE respecte la loi de 1982 et ouvre un site de stockage.

Yucca Mountain devait accueillir ses premiers conteneurs en 1998. Aujourd’hui, le DOE n’espère pas inaugurer de nouveau site avant… 2048.

 



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