Plus d’argent pour le démantèlement des centrales britanniques

Le 03 juin 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chris Huhne n’a pas de chance. Comme ministre libéral-démocrate de l’énergie et du climat, il doit s’occuper du nucléaire. Un type d’énergie qu’il ne porte pas dans son cœur. Or, ces temps-ci, le nucléaire britannique connaît de sérieux problèmes. Dans un entretien accordé jeudi au Guardian, le ministre révèle que l’institution chargée du démantèlement et de la décontamination des installations nucléaires, laNuclear Decommissioning Authority (NDA), n’a plus un sous en caisse. Selon Chris Huhne, il lui manque environ 4 milliards de livres (4,8 milliards d’euros) pour boucler ses budgets 2010, 2011, 2012 et 2013. La quasi faillite de la NDA a deux origines, a indiqué le ministre : la fermeture accélérée de réacteurs Magnox (seules les centrales en activité abondent le budget de la NDA) et le niveau peu élevé des redevances payées par l’industrie électrique britannique pour financer le démantèlement de ses installations. Le ministre anti-nucléaire va devoir négocier une rallonge avec un Premier ministre, dont l’un des arguments de campagne électorale était précisément la réduction du train de vie de l’Etat.

 L’arrêt du démantèlement britannique intervient à un moment crucial de la politique énergétique britannique. Voilà plusieurs années que les grands énergéticiens européens (dont EDF) négocient avec les administrations britanniques les conditions économiques qui permettront de financer la construction de nouvelles tranches nucléaires. Or, si l’on en croit le Guardian, la filiale britannique d’EDF aurait obtenu d’importantes concessions du précédent gouvernement, dirigé alors par Gordon Brown. Le quotidien proche des Travaillistes explique qu’EDF aurait obtenu de pouvoir transférer à l’Etat la propriété des déchets nucléaires produits par ses futures centrales nucléaires au bout de 60 ans après leur démarrage et non pas 110 ans, comme prévu par la réglementation. EDFEnergy aurait aussi convaincu Londres de lui accorder une importante ristourne sur les redevances à payer à la NDA pour assurer le financement des futurs EPR anglais. La tâche de Chris Huhne s’annonce décidément des plus délicates.



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