Plumes et duvets: recyclage difficile des déchets

Le 02 décembre 2004 par Christine Sévillano
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Le volume de plumes et duvets à traiter s’élève à environ 20.000 tonnes par an en France. Utilisées surtout par les industries de la literie, de l’aménagement et du textile, les plumes et duvets usagés soulèvent des problèmes de recyclage en raison d’une forte hausse de la production. Une réflexion est désormais impérative.

Pierre Capellot, président du Syndicat national des duvets et des plumes (SNDP), a présenté hier au salon Pollutec un état des lieux de la production française, des utilisations des plumes et duvets et de leur recyclage. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les plumes et duvets des oies et des canards sont recyclés dans plusieurs industries, en particulier la literie qui consomme la moitié de la collecte traitée, l'ameublement à hauteur de 35% (sièges et coussins) et l'habillement pour le reste. Dans l'industrie textile, le secteur "plein air" se fait la part belle. La production est utilisée dans les accessoires pour les sports extrêmes, les plumes servent notamment aux sacs de couchage et aux vêtements techniques.

Les plumes comportent une partie dure -aux propriétés imperméables-, des barbes et des barbules. Par leur souplesse et leur ressort, elles assurent un niveau de confort élevé. Le duvet composé de flocons, de barbes et surtout d'une grande quantité thermique présente des caractéristiques. Les volumes collectés et traités sont issus des animaux eux-mêmes, et des plumes de récupération prélevées dans les textiles usagés et anciens, appelées aussi "couchés". 10.000 tonnes d'articles sont collectés chaque année auprès des particuliers et des associations caritatives. Le problème de cette filière réside dans sa dépendance à la filière de production des palmipèdes (canards et oies). Au niveau mondial, la production de plumes neuves s'élève à 140.000 tonnes dont 80.000 produites par la Chine. Ces dernières années, l'élevage a augmenté notamment en France. «Les consommateurs se tournent de plus en plus vers le canard viande moins chère et jugée moins dangereuse après la crise de la vache folle», explique Pierre Capellot. Depuis la chute de la consommation de la viande bovine, le volume annuel de plume neuve est passé de 5.000 à 12.000 tonnes. «Nous avons d'ailleurs remarqué dans le même temps que le gavage donnait une meilleure qualité des plumes et duvets avec des flocons plus gros et plus solides. La raison: l'élevage en liberté», poursuit le président.

Les fermiers, abattoirs agrées à la ferme et abattoirs industriels envoient les plumes et duvets à des collecteurs intermédiaires qui procèdent à des traitements de sauvegarde avant de les envoyer à des entreprises industrielles. Au nombre d'une trentaine, dont une dizaine traite plus de 500 tonnes par an, celles-ci se chargent de traitements complets afin que la production soit prête à l'emploi. Le traitement est coûteux car il nécessite plusieurs machines comme une laveuse, une centrifugeuse ou une trieuse. L'investissement initial est de 1,5 à 1,7 million d'euros. Le triage constitue l'opération la plus délicate car il permet de séparer les plumes et déchets en catégories (plumes, plumettes, plumettes duveteuses et duvets contenant entre 80 et 90% de flocons).

Auparavant les déchets étaient vendus aux maraîchers, mais leur volume est désormais trop important. De plus, le broyage pour l'alimentation animale est interdit. Le SNDP a donc demandé une enquête à l'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe) sur les possibilités de recyclage. «Nous aimerions notamment qu'ils travaillent sur un recyclage pour fabriquer des engrais étant donné que les plumes et duvets contiennent de la kératine, un fertilisant avéré», conclut Pierre Capellot.


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