Plomb: la France en retard

Le 23 mai 2005 par Claire Avignon
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eau verre robinet
eau verre robinet

D'ici 2013, l'eau à la sortie du robinet devra contenir un taux de plomb inférieur à 10 microgrammes par litre, afin de prévenir d'éventuels problèmes sanitaires. Un pari ambitieux que la France risque de ne pas tenir à temps, faute d'une volonté politique suffisante.

10 microgrammes par litre (µg/l), c'est le taux maximum de plomb que doit comporter l'eau potable à la sortie du robinet en 2013. «Pour obtenir une telle valeur, souligne Gilles Boulanger, directeur technique eau à la Lyonnaise des eaux, on n'a pas le choix: il faut remplacer tous les tuyaux en plomb.» Ce qui représente 34% des conduites d'eau des logements en France (étude Inter-Agences de l'eau de mars 2000) et 3,4 millions de branchements, qui correspondent à la partie publique raccordant le réseau d'eau potable au compteur individuel (chiffre de la Direction générale de la santé).

Pour répondre à la réglementation européenne, le gouvernement français veut agir en deux étapes. D'abord, le remplacement des branchements doit permettre d'arriver au seuil de 25 µg/l. Fixé à décembre 2003,  ce remplacement n'est pourtant pas encore effectué partout. «A l'heure actuelle, nous avons changé environ 50% des branchements en plomb gérés par la Lyonnaise des eaux, estime Gilles Boulanger. Certaines collectivités locales veulent procéder aux travaux rapidement, mais d'autres sont plus difficiles à convaincre.»

Leurs réticences proviennent principalement du coût. Remplacer un branchement revient environ à 1.000 euros. Pourtant, globalement, les travaux avancent bien: «Cela s'explique par le fait que la réglementation (1) pour les réseaux publics établit des contraintes strictes. Ainsi, les collectivités locales doivent procéder à un inventaire des canalisations en plomb des lieux ouverts au public et mettre en place un programme de remplacement des branchements», indique Emmanuel Briand, responsable de la division eau et santé du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Pour les canalisations privatives, les actions des pouvoirs publics apparaissent moins bien engagées. «Les remplacements n'ont pratiquement pas commencé, juge Gilles Boulanger. La plupart des entrepreneurs qui font des rénovations ont intégré la démarche, mais ce marché est marginal face à toutes les habitations impliquées.» «Le marché est en train de se réveiller, mais il n'est pas encore important», estime de son côté Etienne Antoine, directeur de Roxia system, société de Veolia environnement. Deux raisons sont évoquées, à commencer par le manque d'informations puisque les particuliers ne connaissent pas cette obligation. La dernière démarche du ministère chargé de la santé a été l'élaboration d'un dossier de presse à la fin de l'année 2003. Aucun autre projet pour informer le grand public ne semble en cours. L'autre aspect est  financier. «Dans de nombreux immeubles parisiens de centre-ville, les travaux vont être très lourds, constate Gilles Boulanger. Il va falloir détruire des murs pour atteindre certaines colonnes montantes.» Or les frais sont à la charge du propriétaire, même si l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (Anah) subventionne les travaux de réhabilitation engagés en parties privative et commune. Pour le moment, peu de personnes en profitent.



 



(1) Circulaire DGS/VS 4 n°98-225 du 8 avril 1998 relative aux distributions d'eau d'alimentation peu minéralisées et Code de la santé publique (articles R. 1321-1 à R. 1321-66.






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