Planète terre, mode d’emploi

Le 16 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Reconquérir des terres agricoles et forestières dévastées.
Reconquérir des terres agricoles et forestières dévastées.
Bellona

Booster l’économie mondiale tout en luttant contre le changement climatique, c’est possible. Un groupe international de personnalités proposent quelques solutions audacieuses, bien loin du projet de loi sur la transition énergétique.

Voilà une étude qui tombe à pic. Une semaine avant l’ouverture du sommet de l’ONU sur le climat, 24 anciens chefs d’Etat, ministres, entrepreneurs, scientifiques et élus donnent leur vision du monde. Dans un rapport de 72 pages, dont la rédaction a été coordonnée par l’économiste Nicholas Stern, le prestigieux aréopage rappelle quelques fondamentaux. Sans action d’ampleur menée urgemment, le climat mondial devrait prendre un coup de chaud de 4°C d’ici la fin du siècle. Le gros des efforts est à mener dans les villes qui produisent 80% du PIB mondial et consomment 70% de l’énergie finale.

Au vu de la vitesse de dégradation des sols agricoles et de l’accroissement de la population, la sécurité alimentaire pourrait être compromise dans certaines régions. Une population plus importante, qui aura des besoins sans cesse croissants, annonce une forte hausse de la consommation d’énergie. Bref, sans une importante inflexion de notre développement, la route s’annonce chaotique.

Réduire les subventions aux énergies fossiles

A moins, bien sûr, que l’on fasse bouger quelques curseurs économiques, -ce que proposent les 24 signataires de l’étude. Leur première recommandation est de rétablir une certaine vérité des coûts. énergétiques, tout d’abord, en éliminant rapidement les subventions données à la consommation d’énergies fossiles. Selon des estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les états (France comprise) consacrent près de 600 milliards de dollars par an (463 milliards d’euros) à réduire artificiellement le prix des carburants et combustibles. A contrario, le montant des aides publiques aux énergies renouvelables, tellement décrié, ne dépasse pas les 100 Md$/an (77 Md€). Renchérir le prix de l’énergie ne suffira pas.

Les auteurs du rapport sur la nouvelle économie du climat militent aussi pour l’instauration d’un prix du carbone. Une élégante façon d’inciter les acteurs économiques à maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de remplir les caisses des trésors publics, bien vides jusqu’à présent. Car, de l’argent, il en faudra, rappelle l’aréopage. «Pour favoriser l’émergence de la prochaine vague de technologies bas carbone efficaces, les investissements publics dans la recherche-développement du secteur énergétique devra tripler et atteindre 100 Md$/an vers 2025», estiment-ils.

Eliminer la déforestation

Partout, il faudra moderniser et étendre les infrastructures de transport collectif, les systèmes énergétiques et d’adduction d’eau. L’urbanisme devra être réformé pour que les cités du futur soient plus denses et plus compactes qu’elles ne le sont aujourd’hui, en particulier dans le Nouveau monde. Les auteurs proposent aussi de financer la protection des forêts de sorte que la déforestation (émettrice de GES) s’arrête vers 2030. Coût: 5 Md$/an. Ils recommandent aussi chaudement de partir à la reconquête de 150 millions d’hectares de terres dégradées. De quoi améliorer l’ordinaire alimentaire de plus de 200 millions de personnes.

Le montant du devis, on l’imagine, est considérable. De l’ordre de 90.000 Md$ (69.521 Md€) en l’espace de 15 ans. Aussi considérable soit-il, ce chiffre doit être relativisé. Il ne représente, somme toute, que 1% à 4% du PIB mondial des 15 prochaines années. Dans son précédent rapport sur l’économie du climat, Nicholas Stern estimait le prix de l’adaptation et de l’atténuation à environ 1% du PIB mondial. Dans les deux cas, le formidable coup de pouce donné aux investissements, tant scientifiques que productifs, dynamisera l’activité économique sans nuire aux grands équilibres écologiques.

 



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