Plan Vélo: Edouard Philippe prié d'ouvrir le porte-monnaie

Le 23 avril 2018 par Marine Jobert
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Le vélo, c'est pourtant bon pour la santé.
Le vélo, c'est pourtant bon pour la santé.
VLDT

Des maires de grandes villes qui demandent un plan Vélo ambitieux. Des parlementaires qui louent les vertus de la bicyclette. Une association pro-vélo qui trace les pistes souhaitables pour que sa part modale passe de 3 à 12%. C’est un Edouard Philippe plus que sceptique qui reçoit de multiples sollicitations.

C’est un secret de Polichinelle: Edouard Philippe n’a pas l’intention de se saigner pour offrir au vélo et à ses pratiquants un avenir plus désirable. Même si sa pratique réduit la facture sanitaire et la fracture sociale, diminue la congestion routière, améliore les finances publiques et constitue un moyen de lutte efficace contre le dérèglement climatique. Alors que les arbitrages de la prochaine loi d’orientation sur les mobilités (LOM) sont dans leur dernière ligne droite, la ‘planète Vélo’ se mobilise pour obtenir le financement «sincère et structuré » que lui avait promis Elisabeth Borne lors du dernier congrès de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Car la ministre des transports, «qui est mollement soutenue par Nicolas Hulot», déplore Olivier Schneider, le président de la FUB, n’est pas assurée de remporter les arbitrages.

La France, bonnet d’âne pour le vélo

Premier acte, avec près de 200 parlementaires, qui dénoncent dans une tribune que la France ait «20 ans de retard par rapport à d’autres pays européens», avec une part modale de 3%. Ils appellent à la «résorption des ‘zones blanches’ de la mobilité dans certains territoires aujourd'hui en marge», rappellent que «7 millions d'actifs sont actuellement en situation de ‘précarité mobilité’», que la mobilité «est l'un des premiers facteurs du retour et du maintien à l'emploi», et ils insistent pour une nécessaire «généralisation du ‘savoir rouler’ à l'école primaire et du plan de ‘remise en selle’ pour les adultes». Parmi les signataires issus des rangs de La République en marche, mais aussi de la France insoumise, du parti socialiste ou des Verts, on retrouve évidemment Matthieu Orphelin, ardent défenseur de ‘l’indemnité kilométrique vélo’(IKV), qu’il a récemment contribué à faire adopter par la Communauté urbaine Angers Loire Métropole dont il est élu.

Hidalgo et Juppé en selle

Deuxième acte: les maires de grandes villes affichent sur les réseaux sociaux leur soutien au ‘plan Vélo’ et interpellent le Premier ministre pour qu’il le dote «d’un financement à la hauteur du défi de la transition écologique», comme l’écrit Nathalie Appéré, la maire de Rennes. Anne Hidalgo insiste: «Plus de voies cyclables, c’est plus de cyclistes, moins de pollution et des villes plus apaisées. Le plan Vélo, je l’applique à Paris, je le soutiens en France.» Alain Juppé enfonce le clou: «Bordeaux investit pour la pratique du vélo: vélo-rues, pistes cyclables, stationnement sécurisé, vélos en libre-service, réseau des maisons des mobilités alternatives. Je soutiens le plan Vélo.» Même tonalité depuis Brest, Grenoble, Lyon, Nantes, Nice, La Rochelle ou Strasbourg, dont des élus exhortent Edouard Philippe à desserrer les cordons de la bourse. Car si la mise en œuvre des infrastructures et autres facilités pour les pratiquants dépendent de la volonté municipale, le financement est bien de la responsabilité de l’Etat.

‘Débrouillez-vous!’

C’est dans cet esprit que la FUB a chiffré à 200 millions d’euros par an les besoins du fonds national Vélo que l’association appelle de ses vœux, pour financer un appel à projet ‘territoires pilotes’, la résorption des coupures urbaines, la mise en place massive et systématique de stationnements vélo dans les gares, le financement du Schéma national des véloroutes et voies vertes (SN3V) et le lancement d’un grand plan de communication. «Le Premier ministre ne veut pas entendre parler de mettre un centime là-dessus, se désole Olivier Schneider. Après la mobilisation des Assises de la mobilité, après la publication du baromètre des villes cyclables [peu flatteur pour les villes françaises], on risque de nous dire: ‘débrouillez-vous’. C’est consternant!»

Pleins phares sur les VAE

L’association réclame également que l’IKV soit rendue obligatoire, généralisée à «tous les secteurs», que le plafond de l’exonération d’impôt et de cotisations sociales soit relevé à 500 € par an (contre 200 € aujourd’hui) et que l’IKV soit cumulable avec le remboursement de l’abonnement aux transports en commun. Enfin, la FUB veut pousser «le véhicule électrique le plus répandu en France»: le vélo à assistance électrique (VAE), réservée depuis le 1er février aux seuls particuliers ne payant pas d’impôt sur le revenu et habitant une collectivité locale ayant mis en place une aide pour l’acquisition d’un VAE. Un enterrement de première classe, en quelque sorte, quand le vélo et l’électromobilité figurent en bonne place dans le scénario Transports de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

 

 

 



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