Plan Véhicules électriques: les associations dénoncent la précipitation

Le 02 octobre 2009 par Sonia Pignet
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Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno et Christian Estrosi ont présenté hier un plan pour le développement des véhicules électriques et hybrides. Au programme, des mesures d’aides pour développer la filière, de la recherche jusqu’à la vente. Les associations s’inquiètent du manque de réflexion sur ces véhicules «décarbonés», dont le bilan carbone ne serait guère meilleur que celui d’une voiture thermique.

Les ministères des finances et de l’environnement se sont présentés ensemble hier 1er octobre pour dévoiler le plan Véhicules électriques et hybrides qui entérine notamment la création d’une filière française de voitures électriques. Celle-ci implique de développer la recherche, avec de nouveaux appels à projets financés par l’Ademe, le développement industriel, notamment l’ouverture à Flins d’une usine pouvant produire 100.000 batteries par an, et l’achat par des grandes entreprises, collectivités et représentants de l’Etat, de nouveaux véhicules pour constituer les premières flottes de véhicules dits «décarbonés». 1,5 milliard d’euros, dont 900 millions de l’Etat, vont également être consacrés à l’installation de bornes d’alimentation électrique dans les villes, via une filiale spécialisée d’Electricité réseau distribution France (ERDF). Parmi les 14 mesures annoncées, figurent aussi une prime de 5.000 € octroyée pour les 100.000 premiers véhicules électriques achetés, ou encore la mise en place d’un groupe de travail sur l’effacement de la pointe de production d’électricité.

D’après le ministère en charge de l’environnement, «le développement des véhicules décarbonés devrait générer en France une activité économique de 15 milliards € à l’horizon 2030, et contribuer au maintien de l’emploi dans la filière automobile». Plusieurs constructeurs ont déjà prévu de lancer des modèles sur le marché entre 2010 et 2012, et les estimations indiquent que les véhicules électriques devraient représenter 27% du marché en 2025. «Cela permettra en outre une réduction des importations de pétrole d’environ 4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) et une réduction des émissions de CO2 d’environ 17,5 millions de tonnes à horizon 2020, ce qui représente une réduction de 3% de nos émissions de CO2 par rapport à 2007, (soit le quart de l’engagement de la France en termes de réduction d’émissions de CO2 par les secteurs non soumis aux quotas de CO2)», indique le Meeddm dans un communiqué. Le ministre en charge des finances Christian Estrosi a dévoilé quant à lui un plan de financement: prêt pouvant aller jusqu’à 150 millions € à Renault pour l’usine de Flins, inscription de 100 millions € dans le projet de loi de finances pour 2010 destinés à financer d’autres projets d’industrialisation de véhicules hybrides ou électriques, ou encore affectation de 1,8 million € au projet de l’Ineris sur la sécurité des batteries.


Pour les associations de protection de l’environnement, «le gouvernement fait fausse route». A l’instar de la précipitation avec laquelle des aides ont été décidées pour les agrocarburants, elles dénoncent un soutien inconditionnel au secteur automobile, «alors qu’aucun bilan carbone et énergétique sérieux n’a été fait pour vérifier que cette option industrielle n’était pas une fausse bonne solution», déplore Agir pour l’environnement. «En généralisant la voiture électrique, la France commet la même erreur qu'avec le chauffage électrique il y a 30 ans, qui aura pour effet direct d'augmenter l'amplitude des pics de consommation électrique, au bilan carbone exécrable», ajoute Stéphen Kerckhove, délégué général de l’association.

S’appuyant sur une étude de l’Ademe de juillet 2009 (1) qui indique que les émissions de CO2 des véhicules électriques particuliers «ne présentent pas un bilan global, «du puits à la roue», systématiquement à leur avantage par rapport aux autres modes de transport, notamment par rapport aux véhicules thermiques» (soit environ 126g/km), les associations réclament des études plus poussées avant d’engager des millions d’euros. «Ne confondons pas vitesse et précipitation! L’emballement publicitaire autour du véhicule électrique est totalement démesuré», estime France nature environnement dans un communiqué. «Les voitures électriques ou hybrides sont des progrès technologiques, elles doivent cesser d’être présentés comme un progrès écologique.»

(1) Voir Ademe Stratégie&Vous, numéro de juillet 2009


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