Plan Juncker : la BEI devra choisir

Le 09 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Le déploiement de Linky sera-t-il financé par le plan Juncker ?
Le déploiement de Linky sera-t-il financé par le plan Juncker ?

Comme prévu, c’est aujourd’hui 9 décembre 2014, que le groupe de travail sur l’investissement européen a rendu publics les projets soumis à la Commission européenne, dans le cadre du plan Juncker. Au total, les 28 Etats membres ont présenté plus de 2.000 projets, dont le coût frise les 1.300 milliards d’euros. Ce qui excède de beaucoup les limites annoncées du plan d’investissement (315 milliards) proposé par le président de la Commission.

De la viande à l’énergie

Au-delà du montant, ce qui frappe, c’est de la grande diversité des opérations sélectionnées par les capitales. Certains proposent de réformer la traçabilité de la viande, d’autres entendent développer des dispositifs de protection de témoins intervenant dans des procès anti-mafia. Nombreux sont aussi les projets renforçant l’industrie du numérique.

Pour autant, précise Anne Houtman, de la direction générale de l’énergie, «l’énergie restera l’une des priorités du plan Juncker.» Incomplète, la liste présentée par la France répond parfaitement à la demande formulée par l’ancien premier ministre luxembourgeois.

Une quarantaine de milliards pour la France

Paris entend financer la rénovation thermique des bâtiments publics (coût total 120 milliards d’euros), la lutte contre la précarité énergétique (1,5 milliard demandé), le soutien aux entreprises qui se doteraient d’équipements propres et sobres, (1 milliard), déployer les compteurs communicants de gaz naturel (Gazpar, 1 milliard) et d’électricité (Linky, 50 M€), déployer des bornes de recharge de véhicule électrique (200 M€), construire une nouvelle interconnexion électrique entre la France et l’Espagne (1,7 milliard) et le gazoduc Val de Saône (700M€).

Paris veut aussi lever 6 à 9 milliards qui serviraient de garantie pour inciter les investisseurs à financer des projets d’énergie renouvelable. La France veut aussi profiter du plan Juncker pour financer le métro Charles-de-Gaulle Express (1,6 milliard), le métro automatique francilien Eole (4,2 milliards), l’extension du port de Calais et plusieurs projets ferroviaires. Au total, Paris espère bénéficier d’une quarantaine de milliards d’euros européens pour financer ses projets.

Rendez-vous au second semestre

Pour autant, rien n’est encore joué. Les règles d’attribution de la manne du plan Juncker (60 milliards qui permettront de réaliser jusqu’à 315 milliards d’euros d’investissements) ne sont pas encore arrêtées. La Commission présentera un projet de règlement en janvier. Elle n’espère pas son adoption définitive avant l’été. Si tout va bien, les fonds seront gérés par la Banque européenne d’investissement (BEI). La banque devrait constituer deux comités : l’un élaborera les critères d’éligibilité, le second choisira les projets. Et là, tout semble ouvert. Interrogé par le JDLE, des responsables de la Commission confirment que tous les porteurs de projets éligibles pourront les soumettre aux experts de la BEI. La sélection faite par les états membres n’a donc rien de définitive.



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