Plan Ecophyto: peut mieux faire!

Le 26 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Les ventes de pesticides ont augmenté de 2,6% entre 2008 et 2010.
Les ventes de pesticides ont augmenté de 2,6% entre 2008 et 2010.

Alors que le troisième comité national du plan Ecophyto 2018 s’est réuni aujourd’hui 26 octobre, le ministère de l’agriculture a souhaité présenter un premier bilan sur la période 2008-2010 de ce plan qui vise d’ici 2018 à réduire de 50% l’utilisation des pesticides au niveau national. Si l’emploi des substances les plus dangereuses a fortement diminué au cours des trois premières années, le ministre de l’agriculture s’est dit peu satisfait des résultats pour l’ensemble des substances.

Aujourd’hui 26 octobre, le ministère de l’agriculture, pilote de la mise en œuvre du plan Ecophyto 2018 a rassemblé le troisième comité national d’orientation et de suivi (Cnos) du plan Ecophyto. Bruno Lemaire a introduit les débats en présentant un premier bilan devant les membres du comité, représentants du monde agricole, des industriels (UIPP, UPJ) et des associations de défense de l’environnement (notamment France Nature Environnement et Générations futures). Il a d’ailleurs salué le «contrôle neutre» exercé par ce comité dans l’application du plan.
 
Ainsi, selon lui, le bilan des actions menées depuis 2008 reste mitigé. Si les résultats concernant les substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) sont très encourageants -les ventes ayant diminué de 87% en trois ans, le ministre de l’agriculture s’est déclaré «pas satisfait» de l’utilisation globale des pesticides. «Bien sûr, la tâche est difficile mais on doit pouvoir faire mieux quant à l'utilisation globale de pesticides, incluant l'ensemble des substances, qui est restée stable». Et cela alors que le plan de réduction est jugé globalement réaliste par Bruno Le Maire. 
 
Peu de temps avant, le bilan était détaillé à la presse. «Enjeu de société majeure» pour Emmanuelle Soubeyran, chef du projet Ecophyto au ministère de l’agriculture, le plan a connu de fin 2008 à fin 2009, une très large concertation ce qui a permis la construction des actions à mener. Fin 2009, les premiers budgets ont été votés et l’année 2010 a été celle de la mise en place des premiers outils.
Fin 2011, différents outils opérationnels ont donc été développés. Notamment le bulletin de santé du végétal qui établit un état de santé des plantes, ce qui permet de mieux cibler les interventions des agriculteurs. Plus de 3.000 de ces bulletins, publiés chaque semaine dans chaque région, ont été mis en ligne sur les sites internet des directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf).
 
Autre outil en plein déploiement, le certificat individuel (Certiphyto) a permis de former et certifier plus de 140.000 utilisateurs professionnels des pesticides, des distributeurs et des conseillers. Mais 800.000 personnes restent à former et cela alors que Certiphyto deviendra obligatoire pour tous les usagers en 2014.
 
Le ministre a salué l’engagement progressif de fermes de démonstration. Elles étaient 180 début 2010, puis 1.200 en 2011 et seront 2.000 en 2012. De plus, 45 exploitations d’enseignement agricole inscrites dans la démarche Ecophyto diffusent de bonnes pratiques. Enfin, 20 sites d’expérimentation ont été sélectionnés en octobre pour tester des systèmes de cultures innovants.
 
Mais Ecophyto permet, avant tout, d’établir des indicateurs d’activité, c’est-à-dire suit la consommation de pesticides et la fréquence de recours aux pesticides sur cette période 2008-2010, période de référence.
 
Ainsi, si la vente de substances dangereuses a fortement diminué sur cette période, le ministère constate également que les agriculteurs utilisent plus (+ 65%) de produits de bio-contrôle (phéromones, lutte biologique, etc.)
 
Autre constat, en 2010, la valeur des productions végétales a augmenté. Dans le même temps, les prix des intrants ont diminué, ce qui crée un contexte économique propice à une augmentation de l’utilisation de pesticides.
 
Le ministère constate une diminution des quantités de pesticides vendues. Mais hors traitement de semences, les doses vendues ont augmenté de 2,6% entre 2008 et 2010. Cette augmentation est liée à l’utilisation d’herbicides.
Autre constat, les traitements de semences diminuent en 2010, après une augmentation forte en 2009, du fait d’un usage accru des fongicides.
 
Mais il est encore bien difficile de conclure sur ces variations de consommation alors que les conditions météorologiques ont été très variables d’une année sur l’autre.
 
En matière de financement, le plan Ecophyto, d’un budget total de 270 millions d’euros sur trois ans s’appuie sur les crédits ministériels (à hauteur de 100 M€), la redevance sur les pollutions diffuses (80 M€) et les crédits des établissements publics avec un financement de l’Union européenne (85 M€).
 
En 2012, le réseau de fermes d’expérimentation va augmenter. Le réseau de surveillance épidémiologique sera élargi aux pesticides, notamment en matière de résistances et de surveillance de la biodiversité. Il faut dire que la contamination des eaux est le principal impact sur le milieu régulièrement suivi. L’air et la biodiversité ne le sont quasiment pas et l'impact potentiel sur la santé à travers des observatoires régionaux sur les résidus est peu évoqué. Le développement de nouveaux indicateurs d’impact sur l’environnement est donc prévu pour l’année prochaine.
 
Enfin, le ministère souhaite faire un effort en matière de surveillance de la santé des utilisateurs de pesticides. Il envisage de mener différentes actions sur les équipements de protection individuels, le matériel employé et la diffusion des bonnes pratiques.
 
«Nous devons faire mieux!» a conclu Bruno Le Maire. «Ce n’est pas un reproche pour les agriculteurs car tout le monde doit s’y mettre.» Le ministre souhaite que ces efforts soient valorisés à l’aval de la filière jusqu’à la reconnaissance par les consommateurs. Une reconnaissance qui pourrait aller jusqu'à l’étiquetage particulier des produits Ecophyto?
Enfin, à noter que les 17 millions de jardiniers amateurs sont également concernés par le plan Ecophyto. Un site internet est à leur disposition (www.jardiner-autrement.fr).


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