Plan de sauvetage de l’automobile : mention faisable

Le 03 juin 2020 par Victor Miget
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Actuellement la France compte 30.000 bornes de recharge. Elle vise les 100.000 d'ici 1 an.
Actuellement la France compte 30.000 bornes de recharge. Elle vise les 100.000 d'ici 1 an.
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L’association pour le développement de la mobilité électrique (Avere) se félite de l’adoption, la semaine dernière, du plan de relance de la filière automobile. Son président, Joseph Beretta, appelle à densifier le parc de bornes de recharge.

 

Pour l’Avere pas de doute, l’orientation prise par le gouvernement dans son plan de sauvetage de la filière automobile est la bonne. La mobilité électrique y est à l’honneur, avec un objectif : tripler le parc pour atteindre le million d'unités en 2022.

Pour y parvenir, le gouvernement a prévu de renforcer les dispositifs d’aides à l’achat. «Avoir renforcé le bonus écologique est l’une des plus importante mesure de ce plan, surtout pour les entreprises», se réjouit Joseph Beretta Président de l’Avere France. L’association avait pointé du doigt le rabotage décidé en début d’année, notamment pour les véhicules d’entreprises. «Ce n’était pas possible de mettre un coup de frein  (la précédente mouture prévoyait un bonus écologique de 2.000 euros pour les véhicules d'entreprise dès 2020, contre 5000 aujourd’hui ndlr), alors même que les entreprises étaient moteur de cette transition», souligne Joseph Beretta. Pour cause, leurs flottes représentent 60% des acquisitions de véhicules électriques.

Anomalie. Un rapport de l'institut de recherche IFO met en doute l’efficacité des programmes de mise à la casse en termes de réduction des émissions de CO2. Il avance qu’en Allemagne, les avantages environnementaux desdits programmes ne sont pas clairs. La prime, instaurée après la crise de 2008, est sans conditions. Contreproductif puisque selon les chercheurs, elle a incité les clients à acheter des modèles plus lourds, et donc plus polluants. 

Une prime à la conversion électrifiée

La prime à la conversion a elle aussi été verdie pour faciliter l'acquisition de véhicules électrifiés. Son montant atteint 5.000 euros pour les électriques ou hybrides rechargeables. A noter que les voitures thermiques restent éligibles. Ce qui peut se comprendre au vu des coûts des voitures électriques.  «Le bénéficiaire doit faire un bilan économique complet. Il doit voir le prix de concession, en prenant en compte tous les avantages de la voiture électrique, comme la question du stationnement. Les consommateurs doivent intégrer que nous sommes dans une phase de transition profonde. Il faudra par exemple avoir un véhicule propre pour accéder à certains centre-ville, c’est l’opportunité de passer à l’électrique».

Certes mais le prix d’une voiture à batterie, même subventionnée, reste élevé. Autorisée depuis le 3 avril dernier, l’électrification de véhicules thermiques est aussi éligible à la prime à la conversion (à hauteur de 5.000 euros) rappelle l’Avere. 

Quid des points de recharges ?

L’autre gros chantier concerne les points de recharge. Actuellement, 30.000 sont accessibles au public. L'objectif de 100.000 bornes, initialement fixé pour la fin 2022, a été avancé d’un an. «C’est indispensable. Si on accélère le passage à la mobilité électrique il faut que les infrastructures de recharges suivent».

Or, l’Avere rappelle que la France a pris du retard. L’année derrière, elle comptait 1 borne pour 5 ou 6 véhicules électrifiés. Aujourd’hui le rapport est de 1 pour 11. Avec l’objectif annoncé par Emmanuel Macron d’atteindre le million de véhicules électriques, 100.000 points de recharges: «c’est le minimum pour atteindre 10 véhicules par bornes.» Petit bémol toutefois: «Quand un client lambda achète un véhicule électrique, il va se recharger chez lui. Il faut aussi favoriser l’installation de bornes à domicile, ce qui n’a pas été évoqué dans le plan».

Des leviers à actionner

Les leviers ne manquent pas pour densifier le parc de bornes. Le programme CEE ADVENIR, piloté par l’Avere vient d’être prolongé jusqu'à fin 2023, il est doté de 100 millions d'euros. Il fixe un objectif de maillage des grands axes avec une inter-distance d'environ 150 kilomètres. En tout, plus de 40.000 nouveaux points de recharge pourront bénéficier d'une prise en charge jusqu'à 50 % des coûts d'installation selon les cibles (copropriétés, voirie, entreprises, etc.).

Le raccordement au réseau public d'électricité des nouveaux points de recharge est quant à lui pris en charge jusqu'à 75 % par les tarifs d'utilisation des réseaux publics d'électricité (TURPE) jusqu'au 31 décembre 2021. Une bonne première étape selon l’Avere. Mais prudence. Aux vues des objectifs annoncés, il faudra sans doute renforcer le réseau à mesure que l’activité de recharge se développera, prévient l’association.