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Plan de lutte contre le bruit de Paris: les premières étapes

Le 10 mai 2007 par Agnès Ginestet
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Fixant des mesures sur 13 thèmes différents, la démarche de la capitale a été lancée en février 2006. Les nuisances générées par les nombreux vols liés à l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux restent un sujet de discorde.

Travaux publics, trains, automobiles, conteneurs à poubelles: le bruit provient de partout, et constitue la nuisance sonore dont se plaignent le plus les Parisiens. Une directive européenne (1) impose aux agglomérations de plus de 250.000 habitants l'élaboration de cartes de bruit d'ici le mois de juin et d'un plan d'actions de lutte contre le bruit d'ici 2008. Selon Yves Contassot, adjoint Vert au maire en charge de l'environnement, Paris a pris les devants en élaborant une carte du bruit routier «extrêmement consultée», et en mettant progressivement en place un plan de lutte contre le bruit initié en 2006.

L'un des points majeurs de ce plan concerne l'atténuation des gênes sonores liées aux 14.000 mouvements par an de l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). «L'augmentation du trafic n'est pas liée aux vols d'urgence et sanitaires, mais aux déplacements de grands patrons et de personnalités du show-business», explique Yves Contassot. En 2006, le Conseil de Paris a rendu un avis négatif sur le plan d'exposition au bruit (PEB) de l'héliport. Une révision a été soumise à enquête publique entre décembre 2006 et janvier 2007. «Nous souhaitons une nette diminution du trafic le week-end et durant des plages horaires larges pour que le droit à la tranquillité soit respecté», confie Thierry Ottaviani, président de l'association S.O.S bruit. Une charte environnementale fixant un plafond de 12.000 vols par an «sur le court terme» a été signée par l'Etat, les collectivités territoriales concernées, les usagers, et certaines associations. «Nous avons signé de façon symbolique, tout en sachant que la charte n'a aucune portée réelle en termes de sanction», indique toutefois Thierry Ottaviani.

Dans le cadre de son plan, la mairie de Paris s'attaque également au bruit lié à la circulation automobile. Elle mise pour cela sur le renouvellement de revêtement de chaussée par des produits réduisant le bruit, et sur des travaux d'isolation acoustique. 600 logements par an devraient bénéficier de cette opération entre 2006 et 2010. «Nous conjuguerons cette mesure avec un plan d'isolation thermique. Il faut simplifier les démarches pour offrir un point d'accueil unique», indique Yves Contassot.

L'un des projets de couverture du périphérique, qui concerne la porte de Vanves, a fait l'objet d'une polémique, en raison du désengagement financier de l'Etat. Le conseil régional et Paris ont finalement co-financé cet ouvrage débuté en juin 2006. «L'Etat a renié sa parole», remarque ainsi Yves Contassot.

La lutte contre le bruit généré par les équipements municipaux recevant du public fait aussi partie du plan. Des travaux sont en cours dans 20 écoles pour, selon Yves Contassot, «isoler les pièces les plus bruyantes et faire diminuer le niveau de tension des enfants». Objectif: isoler au moins 20 écoles par an.

Finalement, l'application du principe pollueur-payeur reste problématique dans le domaine du bruit. «La réglementation ne la permet pas», commente Yves Contassot. De son côté, Thierry Ottaviani remarque: «Il y a des carences en matière de sanctions. Par exemple, beaucoup de discothèques dont le niveau sonore dépasse le seuil limite ne sont pas sanctionnées».

(1) Directive 2002/49/CE du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2002 relative à l'évaluation et à la gestion du bruit dans l'environnement




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