Plaidoyer pour une bioénergie soutenable

Le 29 novembre 2016 par Marine Jobert
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A l’aide d’exemples, deux ONG passent en revue les conséquences parfois contre-productives pour le climat et la biodiversité de la politique européenne en matière de promotion des énergies renouvelables.

A l’heure où les bio-énergies représentent 65% des énergies renouvelables en Europe, il est grand temps de s’interroger sur leur origine. Car tout ce qui est renouvelable est-il soutenable?, se sont demandé BirdLife Europe et Transport & Environment (T&E). Avec ‘Le livre noir des bio-énergies’, les deux ONG passent en revue 8 cas d’école, tant sur le continent européen que sud-américain, qui sont autant de dévoiements d’une politique énergétique qui aspire, sur le papier, au mieux-disant environnemental.

De la Slovaquie aux Canaries

En Slovaquie, en Finlande et en Italie, des entreprises brûlent des arbres directement prélevés dans des forêts protégées. En Allemagne, les terres agricoles sont détournées de leur usage alimentaire pour faire pousser du maïs destiné à alimenter des méthaniseurs. Dans toute l’Europe, et en France -à Marseille avec la raffinerie la ‘Méde’ de Total-, l’huile de palme est massivement importée d’Asie du Sud-est pour fabriquer des agrocarburants, sans égard pour les dégâts occasionnés par cette culture. La centrale de Gardanne, pilotée par E.ON, est également citée en exemple, car son approvisionnement local, pour atteindre 850.000 tonnes de combustible par an, laisse craindre des conséquences environnementales, sanitaires et pour la biodiversité des forêts sur des centaines de kilomètres alentour.

L’UE à la croisée des chemins

«L’Europe, par ses subventions, soutient directement une destruction massive de l’environnement, sur son propre territoire, mais aussi en Asie du Sud-est et en Amérique du Nord», estime Camille Dorioz, chargé de mission Agriculture à France Nature Environnement (FNE). «L’Europe doit revoir sa politique énergétique. Celle-ci doit se fonder sur la disponibilité réelle de la ressource et sur des critères de durabilité clairs», complète Denez l’Hostis, le président de FNE. «L’Union européenne est à un carrefour, préviennent les BirdLife et T&E. Si elle se soumet à une franche et honnête évaluation des impacts de la bio-énergie, si elle s’assure que ses politiques climatiques et énergétiques sont véritablement ‘vertes’ et non ‘verdies’, alors le prochain chapitre de l’histoire énergétique européenne sera beaucoup plus lumineux et soutenable.»

 

 

 

 

 

 



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