Plaidoyer pour le dioxyde de soufre et contre le frelon asiatique

Le 16 juillet 2013 par Marine Jobert
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Le frelon, redoutable prédateur des abeilles.
Le frelon, redoutable prédateur des abeilles.
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Des écologistes qui demandent au gouvernement le droit d’utiliser un produit toxique pour éradiquer un insecte… une situation à front renversé, qui s’explique par la menace que font planer les frelons asiatiques sur les colonies d’abeilles. En effet, pour tenter de limiter la propagation des nids de Vespa velutina nigrithorax–des prédateurs redoutables [JDLE]- les apiculteurs avaient jusqu’ici recours à du dioxyde de soufre, un gaz incapacitant et anesthésiant, qui neutralise le frelon le temps nécessaire pour sa destruction, sans aucune rémanence toxique préjudiciable pour l'entomofaune et l'avifaune. Or le 10 mai dernier, la Direction générale de l’alimentation –qui dépend du ministère de l’agriculture- a publié une note de service qui interdit explicitement «l'usage de produits chimiques (ex: SO2, insecticides sur des appâts...) ou toute autre molécule non autorisée (hors AMM).»

 

«Cette interdiction est une immense déception pour les apiculteurs car elle repose non pas sur la supposée dangerosité du produit, mais sur un motif purement réglementaire, à savoir la non-inscription du dioxyde de soufre sur la liste des produits autorisés comme biocides», s'indignent Monique de Marco, Catherine Grèze et Marie-Claude Noel, respectivement vice-présidente de la région Aquitaine en charge de l’environnement et de l’adaptation au changement climatique, députée européenne, et conseillère municipale et communautaire de Bordeaux. «Ubu roi n'est pas mort!» Et de faire valoir que ce refus de «la méthode douce et écologique» laisse les apiculteurs désemparés ou contraints d’user de pesticides dont les effets délétères ne cessent d’être mis au jour, et en particulier sur les abeilles. «Demander alors aux apiculteurs d’utiliser des produits identiques à ceux qui provoquent la mort des abeilles, c’est leur demander d’aller à l’encontre de leurs convictions profondes et de se transformer eux aussi en pourvoyeurs de mort», écrivent les trois élues écologistes.

 

Le ministère de l’écologie a saisi il y a quelques semaines l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) afin de lui demander de trancher d'ici la fin du mois de juillet sur la manière de lutter contre cette espèce invasive. , L’aire d'extension du frelon à pattes jaunes, apparu en France en 2004, n'a cessé d'augmenter. «Sans ennemi naturel ni prédateur, son territoire croît à raison de 100 kilomètres par an. On le trouve aujourd’hui dans une cinquantaine de départements», indique le site de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi du Limousin (Direccte). Dans ce département, 12 accidents du travail ont été enregistrés entre 2011 et 2012, et un décès est survenu chez un ouvrier du BTP[1]. En Gironde, l’Union nationale de l’apiculture (Unaf) a recensé 6 morts depuis l’automne 2010.

 



[1] Il s’était enfermé dans sa cabine pour tenter d’échapper à l’assaut de frelons asiatiques qui avaient été dérangés.

 

 



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