Plaidoyer pour la libéralisation du marché mondial du déchet

Le 06 mai 2008 par Victor Roux-Goeken
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A l’occasion de son 60e anniversaire, le Bureau international du recyclage (BIR) milite pour un accroissement des échanges mondiaux de déchets. L’organisation souhaite une baisse des contraintes réglementaires, une révision du statut du déchet, et le renforcement d’instruments destinés à fluidifier les échanges.

Comment compenser la hausse continue du cours des matières premières, due entre autres à une consommation croissante des pays émergents et en voie de développement? En intensifiant le flux mondial des échanges des «matières premières secondaires», répond le Bureau international du recyclage (BIR). Pour ce faire, cette organisation relativement méconnue, pourtant d’envergure mondiale, veut que les déchets ne soient plus diabolisés, et que leur statut corresponde à une matière première.

«Les produits que nous collectons le sont de manière spécifique, explique Dominique Maguin, président du BIR. Ils sont préparés selon des standards internationaux. Légalement, nous sommes sous la définition ‘déchets’, mais pratiquement, c’est une matière première. Par exemple, d’un point de vue réglementaire, les roues d’avion sont des déchets, car elles sont refondues après 4 atterrissages.»

Mais la doléance des représentants du BIR ne s’arrête pas là. «La législation européenne (1), avec son bordereau de suivi des déchets initialement conçu pour accompagner les déchets dangereux, est de nature à violer le secret des affaires et du commerce, se plaint Dominique Maguin. Dans le cas de la viande, seule son origine –française ou chilienne par exemple– est indiquée. Avec un «déchet», tout chargement doit spécifier les noms du transporteur, du client…» Un professionnel du déchet n’a plus qu’à se procurer le bordereau d’un chargement, en piller les informations et à court-circuiter son concurrent.

Le BIR réclame non pas l’arrêt des contrôles, mais au moins un écran entre les intermédiaires. Affaire du Probo Koala et de ses déchets toxiques, exportations massives de «textiles de seconde main» en Afrique, déchets issus des équipements électriques et électroniques (DEEE) livrés au lieu des produits hi-fi et électroménagers promis, décharges sauvages en Pologne, et même en Italie: le libre-échange incontrôlé des déchets est de nature à «déraper» et plaider l’arrêt du traçage des déchets serait malvenu…

Enfin, «nombreux sont les pays qui bloquent le libre-échange: la Chine a une politique de licence d’exportation qui n’est pas celle de l’OMC; la Russie taxe à hauteur de 5% ses exportations sur les métaux ferreux à destination de l’UE; 5 à 6 sociétés font pression au sein de la convention de Bâle pour ne pas recycler les ordinateurs, afin d’en garder les métaux précieux.» Le BIR créera donc dans le courant de l’année un conseil de commerce international, sorte d’OMC déchets.

(1) Règlement européen du 12 juillet 2007 sur le transport des déchets non dangereux


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