Piscines publiques : attention, risques chimiques

Le 10 juin 2010 par Célia Fontaine
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Dans son avis publié le 9 juin, l’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) recommande plus d’hygiène et une meilleure maîtrise de la qualité de l’eau et de l’air pour les piscines réglementées ouvertes au public. L’agence attire l’attention sur la situation délicate des personnels de piscines, des nageurs réguliers et des très jeunes enfants.

Réalisée à la demande des ministères en charge de la santé et de l’écologie, l’expertise de l’Afsset vise à apporter des éléments pour refondre la réglementation sur les baignades. Elle concerne les 16.000 piscines françaises destinées à un usage sportif ou de loisir (piscines municipales, d’hôtels, de camping, de résidence de vacances, etc.) et alimentées par l’eau du réseau de distribution publique. La qualité de l'eau de ces piscines réglementées doit répondre à des normes précises de qualité physique, chimique et bactériologique, énoncées par le décret du 18 septembre 2008 (1). Selon les types d'installation, des analyses de surveillance de la qualité des eaux doivent avoir lieu au moins une fois par mois.

Avec 25 millions de baigneurs par an, il n’est pas toujours évident de respecter les normes bactériologiques. Globalement, les autorités de contrôle constatent un bon taux de conformité à la réglementation, même si les risques liés aux micro-organismes (mycoses, verrues, diarrhées…) sont bien présents.

Cependant, pour l’Afsset, le risque majeur est chimique : les produits de désinfection de l’eau (chlore, brome, ozone, etc.) se mêlent aux matières organiques apportées dans l’eau par les baigneurs et forment des contaminants chimiques nocifs. Par exemple, les trichloramines ou le chloroforme peuvent entraîner des troubles respiratoires (asthme, bronchites, etc.), cutanés (eczéma) et oculaires chez les personnes qui fréquentent souvent les piscines (nageurs sportifs, maitres-nageurs, personnels d’entretien et d’accueil). Les très jeunes enfants, dont les systèmes respiratoire et immunitaire sont encore en développement, sont également susceptibles d’être touchés.

Pour réduire la concentration en polluants des piscines, l’Afsset recommande aux baigneurs de renforcer leur hygiène corporelle. Passage obligatoire à la douche savonnée, et pas d’impasse sur le port du bonnet de bain. Les établissements devraient systématiquement rendre évidents les points de passage aux douches avec savon, et adopter des protocoles pour le nettoyage des surfaces et l’entretien des locaux.

D’autre part, l’Afsset recommande « la mise en place d’une coagulation avant la filtration, par le suivi de paramètres nouveaux (turbidité, carbone organique total). Elle recommande aussi une mise à jour des paramètres de contrôle de la désinfection (suivi de la bactérie E-coli…) ». Il conviendrait également d’instaurer un suivi de la qualité de l’air des piscines. Selon l’agence, « les piscines couvertes devraient être classées dans la catégorie des bâtiments à pollution spécifique, ce qui entraînerait l’obligation de maintenir un débit minimum d’air neuf (60 mètres cubes par heure et par occupant) ».

Enfin l’Afsset recommande d’instaurer un auto-contrôle continu obligatoire dans les piscines. Le gestionnaire de la piscine pourrait par exemple consigner dans un carnet sanitaire tous les résultats, anomalies, consommations en réactifs, opérations de maintenance, etc.

Une évaluation des risques sanitaires liés aux piscines dites « atypiques » (thalassothérapie, bains à remous, piscines thermo-ludiques, etc.) sera rendue par l’Afsset en 2011.

 

(1) article D. 1332-1 et suivants du Code de la santé publique



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