Piles et accumulateurs: un rapport embarrassant

Le 24 avril 2006 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le ministère chargé de l’environnement vient de publier un rapport sur l’efficacité de la filière des piles et accumulateurs en fin de vie. Conclusion: pour la plupart de ces déchets, la collecte sélective et le recyclage ne sont pas «souhaitables».

A l'heure actuelle, critiquer la collecte sélective n'est pas politiquement très correcte. C'est pourtant ce que vient de faire la Direction des études économiques et de l'évaluation environnementale (D4E) du ministère chargé de l'environnement dans sa dernière étude qui porte sur les piles et accumulateurs. Cette filière, qui a fait l'objet d'une réglementation européenne dès 1991, bénéficie en France depuis de nombreuses années d'une large campagne de sensibilisation au tri sélectif. Mais ce choix ne convainc pas la D4E: «Les impacts environnementaux liés à leur gestion en mélange dans les ordures ménagères ne justifient pas les coûts élevés de leur recyclage.»

La Direction se permet aussi de critiquer le seuil réglementaire de contenu en mercure (Hg) de 5 parties par million (ppm) qui «apparaît sévère et ne semble pas apporter de bénéfices substantiels pour l'environnement». Elle recommande en outre la limitation, voire l'interdiction des piles boutons au mercure et des accumulateurs nickel-cadmium (Ni-Cd), pour lesquels il existe des solutions alternatives plus intéressantes économiquement et environnementalement. D'une manière générale, l'auteur du rapport, Olivier Arnold, propose «l'abandon de l'instrument aval et du renforcement de l'instrument amont.»

Les impacts environnementaux des piles et accumulateurs proviennent essentiellement de la présence de métaux lourds, dont le cadmium, le mercure et le plomb (Pb). Sans tri sélectif, les piles sont soit incinérées soit mises en décharge. Les risques sont, dans le premier cas, les rejets de polluants dans l'atmosphère et, dans le second cas, la contamination des eaux souterraines par lixiviation. Mais au final, même «l'important bénéfice externe du recyclage du nickel et du cadmium» ne parvient pas à rentabiliser son coût social, estime le rapport.

«Je suis très étonné des conclusions de cette étude qui sont contraires à la politique du ministère chargé de l'environnement et de la prochaine directive européenne qui devrait être publiée d'ici la fin de l'année», commente Jacques David, directeur de Screlec, l'un des éco-organismes créés par les industriels pour répondre à la réglementation européenne. Du côté de Corépile, un autre éco-organisme, la publication de l'étude n'émeut pas plus que ça. «Cela ne va en rien affecter notre activité, explique Gilles Gros, président de Corépile. Notre rôle est d'appliquer le décret en vigueur.» Le président de Corépile rappelle par ailleurs les intérêts d'un tel dispositif: diminuer le volume des déchets ménagers, mais aussi freiner la consommation des matières premières. Quant à la Direction de la prévention des pollutions et des risques, chargée au sein du même ministère de mettre en application la réglementation sur le recyclage des piles et batteries, elle n'a pas souhaité s'exprimer.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus