«Pig business» au Parlement européen

Le 13 avril 2011 par Célia Fontaine
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A l’occasion de la diffusion d’un documentaire le 9 février dernier au Parlement européen sur l’élevage industriel porcin, députés européens et associations ont condamné «l’utilisation des impôts des citoyens» pour subventionner cette forme d’élevage, à l'origine de bactéries multi résistantes.

Dan Jorgensen (Danemark), José Bové (France) et Janusz Wojciechowski (Pologne), députés européens, se sont unis à Tracy Worcester, metteur en scène du film et animateur de la campagne «Pig business» et quelques ONG[1] afin de dénoncer l’importation en Europe des méthodes américaines d'élevages industriels, selon le communiqué diffusé à l’occasion.

Pour satisfaire une demande en viande de porc toujours croissante, les élevages industriels intensifs recourent à différentes méthodes pour améliorer les rendements, au détriment de la santé et du bien-être des animaux et de l’environnement. Sur caillebottis (dans le JDLE), en trop grand nombre et contraints à la reproduction intensive, les animaux sont gavés d’antibiotiques pour ne pas tomber malades. Cette pratique a progressivement permis à certaines bactéries résistantes, telles que le MRSA[2], de se développer.

«Nous nous trouvons dans une crise qui affecte les fermes européennes. Les petites fermes qui ont été pendant des siècles les piliers de la production alimentaire sont en train d’être remplacées par des fermes industrielles, où le bien-être des animaux et la santé humaine sont secondaires, derrière les bénéfices économiques», a déclaré José Bové.

Les trois députés et les associations appellent donc à la réforme des subventions agricoles européennes, afin que celles-ci ne bénéficient pas seulement aux élevages intensifs. Ils souhaitent également le renforcement de la politique communautaire en matière de méthodes de production et de normes de bien-être animal et une réforme de la Politique agricole commune (qui sera votée cet été) qui favorise davantage les fermes familiales, l’environnement et la santé.

Au niveau international, la situation n’est pas plus enviable. Un rapport publié le 11 février par l’Institut international de recherche sur le bétail (IIRB) montre que l’intensification de l’élevage en général pourrait alimenter la propagation de nouvelles maladies animales.

«Si les pays riches parviennent encore à gérer les maladies du bétail, ce n’est pas toujours le cas en Afrique et en Asie», ont indiqué John McDermott et Delia Grace, chercheurs à l’IIRB, qui rappellent que 75% des maladies infectieuses émergentes viennent des animaux (dans le JDLE).



[1] UK farm animal welfare group, Compassion in World Farming, European Coordination Via Campesina,Greenpeace, Friends of the Earth, IFOAM

[2] Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) ou Methicillin- resistant Staphylococcus aureus (MRSA)



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