Piétons-vélos: comment partager harmonieusement les trottoirs

Le 14 février 2017 par Marine Jobert
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L'espace partagé, version belge.
L'espace partagé, version belge.
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A quelles conditions les piétons et les cyclistes peuvent-ils circuler en harmonie sur les trottoirs? Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) (Cerema) s’est penché sur la question, en s’inspirant d’exemples à l’étranger. Un point commun: cet aménagement doit être envisagé en dernier recours.

Non, en dépit des apparences, le code de la route français ne prévoit pas que les vélos puissent rouler sur les trottoirs. Que surgisse un pont étriqué, un dangereux rond-point ou une rue étroite enfilée à vive allure par de gros camions, et le cycliste âgé de plus de 8 ans tenté par le trottoir devient un hors-la-loi. Et ce ne sont pas les petits arrangements des maires avec les voies vertes[1] ou les tolérances -parfois sources de querelles- sur les voies piétonnes qui règleront la question. Faire cohabiter harmonieusement piétons et cyclistes est pourtant un enjeu de taille, à l’heure où les politiques publiques entendent promouvoir les deux-roues, et ce dans un contexte de vieillissement de la population. Le Cerema est allé étudier en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Finlande ou encore en Suisse, quelles sont les clés d’un partage (plus ou moins harmonieux) des trottoirs. Son rapport est en ligne.

Le vélo sur les trottoirs est-il dangereux pour le piéton? En France en 2011, on a dénombré 37 accidents sur trottoir impliquant un piéton, dont 17 mortels. Sur ces 37 accidents, 19 impliquaient une voiture et un piéton (8 mortels) et un seul impliquait un vélo et un piéton (soit 2,7% des accidents). Cet accident n’a pas engendré de décès.

Aménagement du dernier recours

La cohabitation ne va pas de soi. Outre les aveugles qui -on le comprend- s’y opposent farouchement, les cyclistes craignent que cette nouvelle répartition de l’espace qui leur est dévolu ne serve de prétexte à certaines collectivités pour s’abstenir à bon compte de développer le réseau cyclable. Pourtant, prévient le Cerema, «il n’est pas question d’en faire une règle générale, mais plutôt de prévoir dans quelles conditions il est utile de mettre en place cet aménagement». C’est même l’aménagement «du dernier recours», quand aucun aménagement cyclable sur la chaussée n’a pu être réalisé.

Adaptation des comportements

A chaque pays, sa perception de la chaussée ainsi partagée. En matière d’accidentologie, les piétons allemands semblent les plus critiques à l’égard des cyclistes, quand leurs homologues britanniques louent leur adaptation aux circonstances, voire les remercient, puisque «l’ouverture d’un trottoir partagé est souvent accompagnée d’une amélioration du revêtement du sol et d’une amélioration de l’éclairage public sur la voie». Les analyses de comportement montrent qu’«en général ce sont les cyclistes qui adaptent leur comportement lorsqu’ils croisent un piéton, en ralentissant, en s’arrêtant ou en effectuant une manœuvre d’évitement», rapporte une association suisse interrogée par le Cerema. La densité de piétons ou de cyclistes ne doit pas être trop élevée pour espérer une cohabitation fluide. «Le ratio piétons/cyclistes est donc un indicateur important à prendre en compte lorsqu'un trottoir partagé doit être aménagé», conseille le Cerema. La largeur idéale du trottoir à partager varie d’un pays à l’autre, mais ne descend jamais en-dessous de 2,5 mètres pour une piste unidirectionnelle et 3,5 m pour une circulation dans les deux sens.

 



[1] La voie verte est une route exclusivement réservée à la circulation des véhicules non motorisés, des piétons et des cavaliers.

 



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