Pierre & Vacances suspend deux projets contestés de Center parcs

Le 08 février 2016 par Yves Leers
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. A Roybon, il était prévu de construire un millier de cottages sur plus de 200 hectares.
. A Roybon, il était prévu de construire un millier de cottages sur plus de 200 hectares.
Crédit: Patricia Cerinsek, placegrenet.fr

Deux projets contestés de Center Parcs, l’un dans le Jura, l’autre en Bourgogne, ont été suspendus par le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs qui souhaite «procéder à des études complémentaires avant de se prononcer sur la poursuite des projets». L’annonce s’est faite par deux communiqués différents diffusés le 3 février.

Cela montre bien que «les études soumises au débat public en 2015 étaient insuffisantes», a réagi aussitôt France Nature Environnement (FNE), qui se réjouit de cette décision et espère qu’elle sera suivie d’un abandon définitif des deux projets. Ceux-ci étaient soutenus par les départements et les deux régions concernés mais ont fait l’objet très vite d’une opposition déterminée et de débats publics qui ont mis en évidence leurs lacunes, en particulier sur le plan environnemental. Aujourd’hui, la donne a changé: il n’y a plus qu’une seule région Bourgogne-Franche-Comté.

Ces deux nouveaux villages de vacances devaient être implantés l’un à Poligny (Jura) et l’autre au Rousset (Saône et Loire) où 400 cottages devaient être construits sur un espace forestier de 150 hectares chacun. Un troisième projet est également contesté, cette fois dans la région Rhône-Alpes, celui de Roybon (Isère) où 200 hectares de forêt devaient être aménagés. Il a été suspendu par la justice.

ETUDES INSUFFISANTES

Les études évoquées par Pierre & Vacances concerneront la voirie et l’accès aux Center Parcs, les eaux naturelles, les réseaux et les retombées des projets sur le tourisme local. Pierre & Vacances-Center Parcs doit par ailleurs obtenir des nouveaux exécutifs régionaux «confirmation du soutien au projet et aux modalités du montage économique», en complément de celui des départements concernés. En effet, sur un coût total envisagé de 170 millions d’euros pour chaque parc, 88 M€ doivent être pris en charge par la collectivité dans le Jura et 68 en Saône-et-Loire.

Considérant que «le prochain projet à abandonner» est celui de Roybon, le président de FNE, Denez L’Hostis, estime qu’un projet de Center Parcs «ne doit pas se faire n'importe où ni n'importe comment, en tout cas certainement pas au détriment de zones naturelles et en particulier de zones humides. L’ensemble des projets de Pierre et Vacances sont concernés, car en contradiction avec les engagements pris par la France pendant la COP 21». Sans crier victoire, les associations de protection de la nature et de l’environnement bourguignonnes et franc-comtoises estiment que la suspension des projets est le résultat d’une «mobilisation massive pour décrier un modèle aujourd’hui obsolète, totalement dépassé. Un tourisme responsable ne peut pas passer par des actes irresponsables comme celui de chauffer à l’année une bulle tropicale à 29 degrés», alors que la température hivernale peut descendre à -25°C dans le Jura.

DES PRATIQUES EN TROMPE-L’OEIL

Présidente de FNE Bourgogne, Catherine Schmitt dénonce les «pratiques en trompe-l’œil» des Center Parcs. «Très consommateurs d’espaces naturels, extrêmement gourmands en eau et en énergie, combien de temps encore ces projets verront-ils le jour en France?», se demande-t-elle. Quant aux élus, ils se sont peu exprimés mais ils restent favorables à des projets «créateurs d’emplois». Outre les aménagements possibles sur le plan environnemental, la question posée par la suspension des projets reste celle du financement, la décision revenant dans les deux cas à la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté et aux départements du Jura et de Saône-et-Loire, ce que Christian Leyrit (président de la Commission nationale du débat public) avait précisé au JDLE en novembre dernier.

Dans le cas du projet de Roybon, le tribunal administratif de Grenoble a annulé le 16 juillet dernier, au titre de la loi sur l’eau, l’arrêté du 3 octobre 2014 du préfet de l’Isère accordant une autorisation de destruction de zones humides. Jugeant que l’abandon du projet n’était pas envisageable, le PDG de Pierre & Vacances, Gérard Brémond, avait alors annoncé son intention de faire appel. A Roybon, il était prévu de construire un millier de cottages sur plus de 200 hectares pour 5.000 touristes, le tout agrémenté d’un dôme tropical géant abritant un ‘espace aqua-ludique’. De quoi faire retourner dans sa tombe, abondamment sculptée, le facteur Cheval à Hauterives, à portée de voix de Roybon.



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