Pierre Radanne, le passeur

Le 03 décembre 2015 par Stéphanie Senet
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Un micro pour Pierre Radanne
Un micro pour Pierre Radanne

Spécialiste des questions énergétiques et écologiques, Pierre Radanne s’est donné pour mission d’expliquer au plus grand nombre les enjeux de la COP 21.

 

«Le processus des négociations sur le climat est quand même très opaque. Pour que les gens y comprennent quelque chose, il est indispensable de faire un travail de pédagogie que ni les Nations unies ni les pays ne prennent le temps de faire», lance le président de l’association 4D, qui organise en France des événements autour du développement durable et occupe actuellement une bonne place dans les médias.

 

Un problème planétaire à solution territoriale

Pierre Radanne s’attache plus largement à reconnecter la société civile aux négociations réservées aux Etats. «On observe une profonde dichotomie entre les négociateurs et les acteurs non étatiques. Pourtant, le changement climatique est un problème planétaire à solution territoriale», rappelle l’ancien président de l’Ademe[1], qui aurait aimé voir la marche du 29 novembre (interdite suite aux attentats) transformée en une multitude de «bistrots Climat» à travers l’Hexagone. Son rêve? Que la France retrouve le dialogue avec elle-même et qu’elle donne la parole à tous les spécialistes du climat venus du monde entier pour la COP 21.

 

Deux points essentiels dans l’accord

Bien sûr, Pierre Radanne attend de pied ferme un accord important, mais le niveau de contrainte juridique lui paraît secondaire. «Pour l’heure, le texte contient deux points essentiels. L’article 9, tout d’abord, précise le processus de suivi des engagements des Etats à l’horizon 2030. La deuxième avancée réside dans la révision des engagements nationaux en 2018-2019, puis tous les 5 ans, avec interdiction de rétropédalage», analyse-t-il. Une révision indispensable pour revoir les plans d’action à la hausse, alors que les 173 contributions nationales ne permettent pas, aujourd’hui, de contenir le réchauffement à 2°C d’ici 2100.

«En revanche, on risque de ne pas avoir un accord contraignant. Mais si un pays ne se conforme pas à ses engagements, et qu’il se voit par exemple refuser l’accès à certains dispositifs, comme les financements du fonds Vert, la pression sera suffisante pour que tout le monde se mette à l’action», nuance-t-il.

Pierre Radanne en 5 dates
19 janvier 1950: naissance à Fleury-sur-Andelle (Eure)
De 1998 à 2003: président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)
2004: création du bureau d’études Futur Facteur 4
2005: rédaction du rapport Facteur 4 pour le gouvernement

 

Le fonds Vert au cœur des négociations

Les engagements financiers feront également peser la balance du bon côté. «Pour l’instant, la promesse des 100 milliards de dollars (94,5 Md€ annuels d’ici 2020 n’est pas tenue. L’enveloppe n’atteint qu’environ 85 Md$ selon le tour de table actuel. Il faut donc que les négociations de Paris fassent de nouveau pression sur les pays développés pour que leur engagement financier s’avère crédible», observe Pierre Radanne.

L’occasion est historique. Pour le fondateur du bureau d’études Futur Facteur 4, «un échec à Paris serait de très mauvais augure pour le climat et aussi pour l’action dans les territoires, comme l’a montré l’après-Copenhague. D’autant plus que la solution ne sera pas trouvée à la conférence de Marrakech, en décembre 2016, puisqu’elle se tiendra en pleines élections américaines». C’est aujourd’hui ou jamais, en somme.

 

 



[1] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)

 



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