Pièces détachées automobiles ou le business juteux de l’économie circulaire

Le 15 juin 2018 par Stéphanie Senet
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Renault et Peugeot auraient accru de 15% en moyenne le prix de leurs pièces détachées
Renault et Peugeot auraient accru de 15% en moyenne le prix de leurs pièces détachées

Selon une enquête publiée par Mediapart, Renault et PSA ont gonflé de 15% le prix des pièces détachées dont ils détiennent le monopole. L’occasion pour l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) de saisir l’Autorité de la concurrence.

Après le logiciel truquant les émissions de polluants, le logiciel augmentant le prix des pièces détachées… Selon Mediapart, Renault et PSA ont eu recours à une même stratégie informatique (le logiciel Partneo) pour augmenter de 15%, en moyenne, le prix de leurs pièces détachées. Un exemple parmi d’autres: le prix d’un rétroviseur de Clio III a bondi de 100%. Cette pratique aurait permis aux constructeurs automobiles français d’engranger 1,5 milliard d’euros de bénéfices supplémentaires en 10 ans. Aux frais des consommateurs. Une information que les groupes, qui représentent à eux deux plus de 50% du marché français (hors Dacia), récusent.

«Sous réserve d’investigations plus poussées, cela laisse fortement suspecter une pratique anticoncurrentielle de type entente horizontale de prix entre les constructeurs, avec comme facilitateur la société Accenture qui édite le logiciel», a déclaré Emile Meunier, l’avocat de HOP. Ces éléments ont conduit l’association à saisir, ce 15 juin, les autorités de la concurrence française et européenne.

 

Ouverture à la concurrence

Pour répondre aux attentes des consommateurs en faveur de produits plus durables, HOP préconise l’ouverture à la concurrence du marché, contrôlée et progressive, des pièces détachées visibles, comme l’ont déjà fait 11 pays européens. L’Autorité de la concurrence recommande d’ailleurs depuis 2012 la fin du monopole des constructeurs pour les pièces visibles de carrosserie. Autre piste d’amélioration: le contrôle de l’obligation qu’ont les fabricants de garantir un accès facile aux informations sur la réparation et l’entretien des véhicules.

L’affichage de la durabilité de certaines pièces permettrait aussi de mieux éclairer le choix des automobilistes, alors que la feuille de route sur l’économie circulaire publiée le 23 avril par le gouvernement appelle tout fabricant à afficher un indice de réparabilité des produits à partir du 1er janvier 2020.

 

Obsolescence programmée?

«Si le secteur automobile s’illustre traditionnellement par de bonnes pratiques en matière de durabilité, comme l’émergence d’initiatives autour de l’usage, les consommateurs se sentent de plus en plus victimes d’obsolescence programmée. Ils se retrouvent face à des pannes prématurées, des plaquettes de freins et des pneus à remplacer plus souvent, à des GPS ou des systèmes embarqués inutilisables», constate l’association.

 



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