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Picada améliore l'air extérieur

Le 25 octobre 2004 par Claire Avignon
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Picada
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Le programme de recherche européen Picada cherche à développer les compétences des Européens sur les photocatalyseurs en dioxyde de titane qui permettent de détruire certains types de polluants. Des brevets sont déjà déposés.

Créer des matériaux qui puissent dépolluer l'air extérieur, les Japonais y pensent depuis une quinzaine d'années. Avec le programme Photocatalytic innovative coverings applications for depollution assessment (Picada), les Européens passent enfin à l'action. Le projet regroupe des centres de recherche dont le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), des industriels, le cimentier italien Italcementi et le chimiste britannique Millenium chemicals en tête, et des constructeurs, le français GTM construction (coordinateur) et le danois Dansk beton teknik. Leur but est de développer d'ici la fin de 2005 des compétences et des brevets sur des enduits qui utilisent la photocatalyse pour dépolluer l'air urbain et intérieur. Le budget total de 3,4 millions d'euros comprend une participation de la Commission européenne à hauteur de 1,9 millions d'euros, le reste provenant des participants au programme.



C'est en développant des produits autonettoyants que les industriels ont commencé au début des années 1990 à comprendre les mécanismes de la photocatalyse. Le dioxyde de titane (TiO2) permet grâce à la lumière (naturelle et même artificielle) de dégrader des polluants organiques (oxydes d'azote, composés organiques volatils, hydrocarbures), à l'origine de la saleté des façades, en molécules inertes. Les molécules produites ne s'accrochent pas aux murs et partent avec de l'eau de pluie. «La vapeur d'eau présente dans l'air peut suffir», précise Robert Copé, responsable du projet au sein du CSTB. Saint-Gobain Glass a utilisé ce procédé pour développer une gamme de vitres autonettoyantes nommée Bioclean. Son principal argument de vente réside dans l'économie de 50% des coûts de nettoyage des vitres. La société n'évoque pas les avantages environnementaux car elle se trouve dans l'impossibilité de quantifier la dépollution réalisée par Bioclean.



Car dépolluer s'avère plus délicat que nettoyer. «Dans une ville, la pollution pose problème lorsqu'il n'y a pas de vent pour renouveller l'air, explique Robert Copé. Or, le procédé de photocatalyse ne fonctionne bien qu'en présence du vent, c'est-à-dire quand les coefficients d'échange entre l'air et la façade sont bons. On se retrouve au final à devoir gérer deux paramètres antinomiques.» Créer un traitement de surface translucide pour les déposer sur les briques et les pierres apparaît comme un deuxième paradoxe. Les matières translucides, qui permettent de faire passer la lumière à l'origine de la catalyse, sont généralement organiques. Or le TiO2 dégrade justement les matières organiques.



Le projet Picada vise donc à résoudre ces contradictions tout en trouvant des applications immédiates. Italicimenti et sa filiale française Ciment français ont déposé des brevets sur leur ciment, Millenium chemicals sur une solution blanche nommée Ecopaint, et bientot translucide, tandis que GTM construction cherche à réaliser des bâtiments dépolluants. Même s'il est évoqué par le programme, Picada ne devrait pas trouver d'applications en air intérieur.




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