Phtalates et HAP, des invités qui s’incrustent

Le 12 juin 2015 par Romain Loury
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Des moutons qui n'ont rien de bio
Des moutons qui n'ont rien de bio
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Home sweet home… surtout pour les phtalates et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Selon une étude de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), ces composés organiques semi-volatils (COSV) sont ceux que l’on retrouve le plus fréquemment à domicile.

Nul n’échappe aux COSV, présents dans de nombreux matériaux et produits de consommation: présentée jeudi 11 juin, l’étude de l’OQAI [1] révèle que 32 des 48 COSV recherchés dans les poussières au sol sont présents dans plus d’un foyer sur deux, de même que 35 des 66 recherchés dans l’air.

Dans les poussières au sol, les phtalates, composants majeurs des plastiques, sont retrouvés dans quasiment tous les foyers, de même que le galaxolide et le tonalide (deux muscs de synthèse utilisés dans les parfums), trois HAP (benzo[a]pyrène, fluorène, phénanthrène), mais aussi le bisphénol A et la perméthrine -un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes.

Dans l’air, ce sont les HAP qui font la loi, avec 13 d’entre eux détectés dans au moins 95% des foyers, ainsi que quatre phtalates (BBP, DEHP, DiBP et DiNP) et l’antibactérien triclosan.

Une longue exposition à bas bruit

Dans les concentrations mesurées, qu’en est-il du risque sanitaire lié à l’omniprésence de ces présences, dont de nombreux perturbateurs endocriniens? «Le problème, c’est que de faibles doses sur de longues durées peuvent avoir des effets sanitaires très graves, notamment avec de jeunes enfants, qui peuvent très bien tomber malades dans 20 ans», explique au JDLE la présidente de l’OQAI, Andrée Buchmann.

Tout aussi inquiétant, le fait que certaines substances interdites de longue date, dont les PBC et le lindane, soient encore retrouvés dans certains foyers. «Tous ces produits sont très persistants: c’est pour cela qu’il fait les interdire au plus vite, parce qu’on les retrouve 30 à 40 ans plus tard», juge Andrée Buchmann.

Selon une comparaison avec des études menées dans d’autres pays, la France se situe dans la gamme de concentrations retrouvées ailleurs. Seules exceptions: les foyers français semblent contenir, sans raison apparente, plus de bisphénol A, de DiBP et de perméthrine.

Selon l’OQAI, «des travaux spécifiques sont également en cours ou prévus, comme la recherche des relations entre les concentrations en COSV dans l’air et le taux de renouvellement d’air des logements, les caractéristiques des constructions, les habitudes des occupants ou les niveaux socio-économiques des ménages».

[1] L’étude a été coordonnée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

 

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